
Désormais, les particuliers et les entreprises disposent de nombreux moyens de produire eux mêmes de l'énergie. Que ce soit par le biais de l'éolien, de la géothermie ou grâce à des panneaux solaires, il est possible de disposer de sa propre resource énergétique et même, en cas d'excédent, de revendre l'électricité ainsi obtenue à EDF et ainsi faire des profits. Le monde agricole est bien évidemment lui aussi concerné par ces innovations technologiques et plusieurs exploitations sont désormais équipées de tels systèmes.
Mais là où la France a encore d'immenses progrès à faire, c'est bien dans le domaine de la méthanisation agricole. Une technologie désormais très efficace et qui résulte d'un principe particulièrement simple. Il s'agit de récupérer les déchets organiques produits sur le sol d'une exploitation agricole, qu'il s'agisse notamment de paille, de bouses ou de fumier, pour les transformer en biogaz grâce à un réacteur conçu à cet effet. Ce biogaz peut ensuite être utilisé pour chauffer les différents bâtiments de la ferme, mais peut également servir à produire de l'électricité par le biais d'un cogénérateur ou d'une turbine.
Autre avantage non négligeable de la méthanisation agricole, elle permet d'obtenir un nouveau fumier qui possède une teneur en azote plus élevée et qui se révèle ainsi un meilleur fertilisant pour les sols. Dans l'absolu, il serait également possible d'utiliser le biogaz pour alimenter des véhicules, mais cela n'est pas encore possible pour le moment en France, car il faudrait payer la TIPP (Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers). Un changement de législation à ce niveau pourrait donc permettre de développer considérablement cette technologie.

Cela serait plus que nécessaire car, il faut bien l'avouer, notre pays est loin d'être en pointe dans le domaine de la méthanisation à la ferme. Fin 2009, seules 13 exploitations avaient adopté ce système. On est bien loin de ce qu'il se passe en Allemagne, où la barre des 5 000 exploitations équipées a été atteinte. Un chiffre impressionnant qui permet de produire pas moins de 1 700 mégawatts d'électricité par an et qui pourrait atteindre 9 500 mégawatts d'ici 2020 seulement. Pour peu que le biogaz produit puisse prochainement être injecté directement dans le réseau de gaz naturel, cette technologie pourrait connaître un très bel avenir.
En France, la taille souvent réduite des exploitations peut être un frein qui explique le faible nombre d'équipements actuellement en fonction, même si les projets sont de plus en plus nombreux. Pour les rendre viables, les agriculteurs ont tout intérêt à passer des accords, afin de ne pas fonctionner uniquement avec les effluents d'élevage. L'idée serait de traiter également les déchets des industries agroalimentaires ou des collectivités locales. Quand on sait que cette méthode a également le grand avantage de réduire les émissions de gaz à effet de serre, on se rend bien compte de l'intérêt de tout faire pour développer cette technologie.
Vincent Armillon, pour la Rédaction.