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Le thon rouge amené à disparaître à court ou moyen terme

NATURE ANIMALE
Chronique du 11-07-2007

Par Vincent Armillon
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LA CHRONIQUE
Les amateurs de sushis et sashimis se régalent de sa chair tendre, mais ce goût immodéré pour le thon rouge pourrait bien signifier sa perte si rien n'est fait pour préserver cette espèce emblématique de nos océans. La situation de cette espèce est particulièrement préoccupante en méditerranée et dans l'Atlantique, où la surpêche cause de véritables ravages parmi les bancs de poissons. Consciente de ce problème, la CICTA (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique) a bien mis en place des quotas pour laisser aux thons rouges le temps de reconstituer leurs populations, mais ceux-ci ne sont pas respectés.

De 2002 à 2006, les pêcheurs ne devaient pas prélever plus de 32 000 tonnes de thons rouges dans ces zones de pêche, mais d'après tous les experts, si l'on ajoute la pêche illégale aux prises autorisées, ce sont plutôt 50 000 tonnes de poissons qui ont été prélevées. Des chiffres d'autant plus inquiétants que, dernièrement, la CICTA a annoncé que les quotas devraient être redescendus à 15 000 tonnes annuelles pour avoir une chance de pérenniser l'espèce. Des estimations qui provoquent la colère des thoniers, ceux-ci estimant, à juste titre, que l'on met en danger leur gagne pain et réfutant, beaucoup moins justement, le fait que le thon rouge risque de disparaître purement et simplement dans les années à venir.

En France, le sujet est particulièrement épineux, sachant que notre pays ne peut pêcher plus de 6 000 tonnes par an, en raison des quotas, mais dispose d'une flottille d'une capacité de 12 000 tonnes. Certains propriétaires de navires français ont trouvé la solution et, moyennant une coquette somme, poursuivent désormais leurs activités sous pavillon lybien, un autre pays très impliqué dans la pêche de cette espèce. Soucieux de ne pas perdre leurs emplois et de ne pas mettre la clé sous la porte, les thoniers n'hésitent pas à monter au créneau pour défendre leur activité. Mais si leurs inquiétudes sont parfaitement justifiées, il est clair que la poursuite d'une pêche intensive les condamnera à plus ou moins long terme. Le jour où il n'y aura plus de thon rouge dans leurs zones de pêche, il sera trop tard pour réagir et ce ne sont pas des manifestations de colère ou de déni qui feront resurgir miraculeusement le poisson.



Face aux protestations de tous bords, la CICTA n'est pas parvenue à mettre en place un accord satisfaisant. De 32 000 tonnes jusqu'à présent, les quotas passeront à 29 500 en 2007, pour atteindre 25 000 en 2010. Il sera également interdit de pêcher des thons de moins de 30 kilos, contre 10 auparavant, ce qui ne représente pas une immense avancée sachant qu'un thon rouge adulte peut allègrement passer la barre des 700 kilos. Les patrons de pêche sont évidemment contre une telle réduction, tandis que les associations écologiques dénoncent un accord qui n'aura guère d'influence. Sergi Tuleda, du WWF, estime ainsi qu'il « s'agit plus d'un plan d'effondrement du thon rouge que d'un plan de sauvegarde », tandis que Stéphane Beaucher, de Greenpeace, affirme « que ces quotas ne seront pas plus respectés que les précédents ». Le thon rouge survivra-t-il aux techniques modernes de pêche industrielle, rien n'est moins sûr et il est encore difficile de savoir quelles seront les répercussions sur l'environnement de la disparition d'un grand prédateur, dont le rôle primordial est de réguler de nombreuses espèces marines.

                Vincent Armillon, pour la Rédaction.



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