Le recyclage en question… Mise en place du tri sélectif dans plus en plus de communes, taxe supplémentaire pour d'autres au nom de l'environnement, le citoyen peut se demander « à qui profites le crime », et à quoi servent ses efforts et si la machine, est bien rodée. Certes certaines entreprises qui ont fait du recyclage leur cheval de bataille depuis quelques années sont florissantes, mais l'industrie du recyclage semble confrontée à une demande insuffisante, les structures de marché restent fragiles et surtout peu concurrentielles et cohérentes…Pourtant tout laisse à penser que si les marchés fonctionnent correctement, le secteur du recyclage pourra devenir rentable dans un nombre croissant de cas et générer d'importantes économies d'énergie, ainsi qu'un grand nombre de nouveaux emplois. Aujourd'hui en Europe, les activités liées à la préservation de l'environnement et aux écotechnologies représentent près de 3,4 millions d'emplois, selon l'office statistique européen Eurostat. Pour la seule année 2006, les nouveaux investissements étrangers produits par la bonne image et les innovations européennes en matière d'environnement ont permis de créer 4
0.000 emplois*.
Ces nouveaux métiers, liés à la préoccupation environnementale, pourraient faire progresser l'emploi en Europe de 1,5 % d'ici à 2030,
C'est la source même des déchets qui pose question. D'un côté il y a l'industrie et de l'autre ce qui attrait à la consommation même des ménages, des ménages produisant des déchets hétérogènes et de moindre qualité que les déchets industriels plus « maîtrisables ». En gros pour être plus performant, il faudrait trier encore plus ce qui a été préalablement trié. Et mieux…
Le recyclage a aussi un coût, il y a le ramassage et le tri chez les particuliers, mais c'est l'absence de normes industrielles adaptées pour l'industrie qui engendre un manque d'intérêt pour certains secteurs d'activité. Il est par voie de conséquence très difficile aujourd'hui de trouver des indicateurs et des statistiques fiables sur ce que rapporte le recyclage, sur le fonctionnement exact du marché qui d'ailleurs n'est pas transparent. Pour l'Europe, il faut noter un manque de cohérence dans l'application de la règlementation (définition, classification et méthode de transfert des déchets.
Quelques pistes de réflexion
La commission européenne envisageait il y a peu de proposer avant tout afin d'accroître la compétitivité des entreprises de recyclage et stimuler les activités du secteur, de normaliser ce dernier, d'innover en la matière et bien sûr de mettre en place de vraies des mesures réglementaires sur ce thème. On constate qu'aujourd'hui, certains industriels peu scrupuleux il est vrai ont meilleur temps de rejeter leurs résidus dans la nature plutôt qu'à chercher à les transformer en produits utiles en polluant moins.
Développement durable peut pourtant rimer avec rentabilité…
Le constat est clair. Les entreprises qui ont investi dans le recyclage et anticipé les attentes environnementales, sont doublement gagnantes aujourd'hui.
Chez le géant de l'imprimante l'américain Xérox, on réutilise la matière des produits périmés, ce qui permet de vendre moins cher les machines neuves, et donc de grappiller des parts de marché à la concurrence.
Whirlpool a lui aussi généralisé la pratique du recyclage et s'est ainsi engagée « à réduire de 3 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2008 dans un contexte d'augmentation de la production mondiale de 40 % sur la prochaine décennie ». Il est techniquement possible de réutiliser l'eau du dernier lavage pour la prochaine lessive, par ailleurs l'utilisation d'une plante aux vertus nettoyantes permettrait de ne plus utiliser de détergent.
Les politiques ne feront pas tout, les entreprises doivent miser sur la recherche-développement et la formation afin de mettre en place des solutions permettant de « réduire l'utilisation des ressources naturelles, rationaliser les volumes de transport et valoriser les déchets ».
Déchets et changement climatique La politique de gestion des déchets, concernant les économies d'émissions de gaz à effet de serre, la prévention des déchets ou le recyclage, ainsi que les problèmes des émissions de méthane dû à l'enfouissement des déchets, a des impacts importants sur le changement climatique. La réduction de nos déchets restera de toute façon la meilleur solution, en attendant nos progrès et ceux des industriels, cela passe par de la sensibilisation et de gros efforts qui ont déjà été faits, mais aussi par la prévention qui reste l'option la plus bénéfique pour le climat, tout comme la réutilisation et le recyclage ; l'enfouissement et l'incinération des déchets sont les pires options. L'incinérateur et le CO2 qu'il émet à partir de carburants fossiles, sans parler du dioxyde de carbone qu'il produit en brûlant le charbon, le pétrole ou le gaz sont la principale cause du changement climatique.
La diminution, la récupération et le recyclage des déchets sont beaucoup plus bénéfiques à l'environnement que le traitement de ces déchets. Du côté des Amis de la Terre on estime que « toutes politiques devraient viser une augmentation de la quantité de déchets recyclables par exemple en assurant que tous les emballages en plastiques seront facilement recyclables ou, dans certains cas, transformés en compost. Une fois encore il en va de l'attitude de chacun, du producteur au consommateur...
Fabrice HUBERT
Audit Ernst & Young.
Sources iedm.org
Europa.eu
La-croix.com
Amisdelaterre.org
Fabrice HUBERT, pour la Rédaction.