Enfin, c‘est fait! Depuis le 27 février, la Guyane française dispose d'un parc naturel. Il s'étend sur une surface de 3.390.000 hectares, c'est la taille de la Belgique, ce sanctuaire est le huitième parc national créé par la France. Pour en arriver là, le chemin a été particulièrement long. C'est en 1992, lors du sommet de la terre, à Rio, que François Mitterrand promet la création de cet espace protégé. Relancé dix ans plus tard par Jacques Chirac, le projet a finalement vu le jour. |
On dit souvent: mieux vaut tard que jamais, et ce dicton s'adapte bien à la situation. Il était impératif de doter la Guyane d'un parc naturel car ce territoire recèle de véritables merveilles de la nature. En plus du roi des forêts tropicales, le magnifique Jaguar (photo ci-dessus), cet espace accueille une diversité végétale et animale qu'on ne trouve pas sur les territoires français. Ce seul département abrite pas moins de 98% des espèces de vertébrés et 96% des plantes vasculaires recensées en France. Il était donc urgent d'accélérer la création de ce sanctuaire de la vie sauvage, d'autant qu'il est particulièrement menacé. Constructions anarchiques sans permis, déforestation et, surtout orpaillage, font d'énormes dégâts dans la forêt tropicale. Les chercheurs d'or ne se contentent pas de déboiser pour accéder à leurs sites de recherches. Ils utilisent d'importantes quantités de mercure, avec des conséquences dramatiques pour la faune et la flore. La lutte contre ces orpailleurs sera l'une des actions majeures à mener sur ce territoire et le combat n'est pas gagné d'avance. Il est tout de même essentiel de préserver au maximum ce milieu d'une richesse incroyable, notamment sur le plan de la faune. Au sein de cette végétation luxuriante, on trouve près de 200 espèces de reptiles et l'on peut notamment y croiser l'incroyable anaconda (photo ci-dessous), le plus grand serpent de la planète, dont certains spécimens peuvent atteindre 11 mètres de long. Les araignées sont également les reines de la jungle, les amateurs de mygales peuvent avoir l'impression de se trouver au paradis. Quant aux insectes, ils sont légion puisque l'on a déjà recensé pas moins de 300 000 espèces, soit 20% de celles connues sur la planète, sachant qu'il en existe certainement beaucoup plus. |

Serpents, araignées géantes, insectes par millions, voilà un tableau à même d'effrayer la plupart des touristes. Ce serait bien dommage, car la Guyane, c'est aussi environ 700 espèces d'oiseaux, plus colorés les uns que les autres, 177 de mammifères, dont de nombreuses races de singes, 430 espèces de poissons et plus d'une centaine d'amphibiens de toutes tailles et de toutes sortes. On y trouve également la très imposante et encore plus rare tortue Luth, malheureusement chassée par des braconniers qui peuvent en tirer un très bon prix au marché noir. La Guyane est un paradis pour les chercheurs et pour les amoureux de la nature dans ce qu'elle a de plus exubérant. Un paradis malheureusement fragile et qui doit être protégé. La création de ce parc naturel est donc une bonne nouvelle pour la faune et la flore locale, mais cela ne devra pas dispenser le gouvernement français de faire la chasse aux orpailleurs et autres braconniers. Une tâche qui ne s'annonce pas aisée, dans un département où la population est souvent très pauvre et où les ressources de la forêt constituent des richesses difficilement négligeables. Il faut donc trouver l'équilibre nécessaire entre la protection de la nature et le développement des populations locales, afin que la Guyane puisse conserver ses richesses et les utiliser pour prospérer sans pour autant les détruire. vincent, pour la Rédaction. |