Le retour du printemps est celui des couleurs dans les prés, que les fleurs vont commencer à envahir. Des fleurs que nombre d'insectes vont butiner, permettant comme le vent, aux plantes de se rencontrer, et de vivre une sexualité féconde. Parmi ces fleurs, celles du pissenlit, regroupées par centaines en un bouquet, et que la plante protège le soir en refermant les sépales, lui donnant ainsi l'aspect d'un bouton. |
Un bouquet floral qui donnera, le moment venu, cette boule duveteuse sur laquelle les enfants de toutes les époques ont soufflé pour disperser en un vol les graines. Le pissenlit, merveilleusement bon en salade, possède une caractéristique particulière : il est capable de se reproduire par apomixie. De quoi s'agit-il ? La reproduction des plantes est soit sexuée, par pollinisation des fleurs femelles grâce aux insectes et au vent, soit végétative ou somatique, par prolifération depuis un rhizome par exemple. Dans le premier cas, deux individus vont se rencontrer et partager leur patrimoine génétique. Dans le second, la plante nouvelle sera la copie conforme de son parent. Le pissenlit est ingénieux. Il combine les avantages des deux méthodes en une seule : l'apomixie. Alors que la reproduction sexuée est hasardeuse, le produit de la fécondation étant génétiquement incertain, la reproduction somatique assure que la nouvelle plante sera adaptée à son milieu, qui est celui que ses parents ont colonisé. Mais cette deuxième méthode rend impossible l'aventure loin de ce petit pré carré, seules les graines transportées par le vent, les oiseaux ou encore les ruminants pouvant conquérir de nouveaux territoires. Certaines plantes ont ainsi mis en place des processus d'autofécondation, le pissenlit a adopté l'apomixie. |

La graine qui va se former ne résultera pas de la fécondation d'un ovule par le pollen, mais de la multiplication d'un ovule particulier qui n'aura pas subi de réduction de son patrimoine génétique. Rappelons que chacun de nous porte la moitié des gènes provenant de sa mère, et l'autre moitié de son père. Ceci n'est possible que parce que ovule et spermatozoïde ne possèdent que la moitié des chromosomes du parent. La réunion des deux donne un patrimoine génétique complet. Ainsi, le pissenlit, lorsque les conditions ne sont pas favorables à la sexualité, fabrique des graines qui donneront des plantes lui ressemblant comme deux gouttes d'eau. Des plantes qui seront aussi bien adaptées à leur milieu qu'il l'était lui-même, mais qui a l'occasion d'un coup de vent, pourront visiter le monde. Les plantes ont ainsi tout prévu. Elles suivent les changements de leur milieu en s'adaptant et en se déplaçant, au gré des animaux et du vent. Tout prévu sauf une chose : l'arrivée de l'Homme. L'Homme qui en accélérant les changements et en bouleversant les cycles biologiques va conduire de nombreuses espèces à disparaître, avant qu'elles n'aient le temps de se servir de leur merveilleuse ingéniosité. olivier, pour la Rédaction. |