Les termites n'ont pas fini de nous étonner. Insecte souvent considéré comme nuisible dans nos contrées, en raison des dégâts qu'il peut infliger à nos habitations, le termite est pourtant loin d'être inutile. De récentes découvertes ont même démontré que ces insectes étonnants pourraient faire faire un bond considérable à la recherche sur les biocarburants. Pour parodier un célèbre slogan publicitaire, il n'est pas là question de mettre un termite dans votre moteur, mais plutôt d'étudier l'enzyme qui permet à ces créatures de digérer la cellulose comme vous digérez un bon repas. |
Cette particularité offre des perspectives nouvelles aux producteurs de biocarburants. Jusqu'à présent, ce sont principalement la canne à sucre ou le maïs qui sont utilisées pour fabriquer l'éthanol, source d'énergie pour nos véhicules. Le problème, c'est que pour répondre à la demande, la terre entière recouverte de champs ne suffirait pas. Du coup, pour produire de l'éthanol en masse, la solution serait d'utiliser la cellulose comme matière première. Il faut savoir que cette matière, qui forme les fibres végétales et correspond au principal constituant du bois, représente pas moins de 50% de la biomasse de la planète. Jusqu'à présent, les chercheurs se heurtent à un problème, ils ne parviennent pas à dégrader la paroi de la cellulose, ce qui est indispensable pour la production de l'éthanol. C'est à ce niveau que les termites interviennent puisqu'ils ont la particularité de se nourrir de cellulose et donc de convertir celle-ci en glucose. Sachant cela, les scientifiques ont entrepris d'identifier et d'isoler les enzymes qui permettent à ces insectes de digérer la matière première. L'université de Floride a ainsi identifié quatre gènes produisant ces enzymes, trois de ceux-ci provenant de microorganismes présents dans l'appareil digestif du termite. Cette découverte pourrait permettre de transférer ces gènes dans des bactéries spécifiques qui produiraient des enzymes transformant la cellulose en glucose, puis en éthanol. Grâce à ce procédé innovant, on pourrait de façon économique transformer du bois et d'autres matières contenant de la cellulose, comme par exemple le coton, en éthanol prêt à faire rouler des véhicules. Plusieurs laboratoires et scientifiques américains se penchent donc de près sur les termites, car, s'ils parviennent à reproduire artificiellement ce processus complexe, c'est tout l'avenir du carburant à base d'éthanol qui serait transformé. |

Reste que les recherches vont encore prendre du temps et qu'il faudra également adapter notre parc de véhicules pour qu'ils puissent utiliser ces nouveaux carburants. Un travail de longue haleine puisque, à l'heure actuelle, seuls 3 % seulement des 250 millions de véhicules qui circulent sur les routes américaines peuvent rouler avec un mélange contenant 85 % d'éthanol. Il faudra donc renouveler complètement la flotte des véhicules pour espérer réduire de façon significative les émissions de gaz à effet de serre produites par le trafic routier, ce qui pourrait prendre de 15 à 20 ans. Une fois de plus, par le biais des termites, le monde animal démontre qu'il recèle nombre de mécanismes merveilleux dont on peut s'inspirer pour aboutir à une vie meilleure pour tous les habitants de la planète. Une raison de plus, s'il en était besoin, de protéger du mieux possible cette extraordinaire faune qui nous entoure et qui n'a certainement pas fini de nous dévoiler des secrets à même d'améliorer nos sociétés et nos rapports avec la nature, ce qui devient chaque jour un peu plus urgent. vincent, pour la Rédaction. |