
A l'Abbaye cistercienne de Cadouin fondée en 1115 sur le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, il y a lieu de se pencher sur l'énigme du Saint Suaire dit «
islamique » !
Le Saint Suaire est ce linceul qui enveloppa le corps du Christ à sa mise au tombeau et qui aurait été détenu à l'abbaye de Cadouin depuis 1214, selon certains documents. Néanmoins, un Saint Suaire fameusement contesté !
Cette vénérable relique fut priée, adorée et… convoitée ! Exception faite de Luther (théologien et réformateur allemand, 1483-1546), qui ironisa sur les cinq «
vrais » suaires répartis dans le monde, personne ne mettait en doute l'authenticité du linge sacré.
Une relique qui connut cependant maintes péripéties : des moines l'ont extraite à la convoitise d'Anglais et la transportèrent à Toulouse, puis vol aux Toulousains, alors que Louis XI et Charles VII la prièrent dans l'espoir d'être soulagés de divers maux.
Ce même Saint Suaire fut sauvé d'autres convoitises, celles, destructrices, des protestants et des révolutionnaires, même si l'abbaye fut transformée en étable !
La restauration des lieux s'effectua quand même à la grande joie de 10.000 pèlerins qui, en 1836, se recueillirent en ce lieu sacré.
L'exposition de la relique, les prières, les pèlerinages se poursuivirent jusqu'en 1934, jusqu'au jour où l'historien catholique Jean Maubourguet évoqua de «
belles historiettes sans fondement ».
Scandale, émotion, fureur, désarroi… succédèrent à ces propos. Un Jésuite, le Père Francez, voulut connaître le fin fond de cette polémique et demanda au directeur du Musée copte du Caire la signification des signes brodés sur le tissu vénéré depuis de nombreux siècles.
Le «
verdict » tomba, implacable ! Les inscriptions sont du coufique ancien (XIe siècle), qui invoquent Allah.
De plus, ce tissu a été tissé pour le vizir (ministre d'un souverain musulman) el Afdal, calife du Caire de 1094 à 1101, qui combattit les Croisés à Antioche.
Mis au courant de cette révélation historique et incontournable, Monseigneur Louis, évêque de Périgueux, fit interdire le pèlerinage de Cadouin en 1934.
Conclusion par Michel Carcenac, auteur du « Roman du Suaire » aux Editions du Hérisson, en 2001 :
«
Aujourd'hui, le suaire est visible à l'abbaye. Il n'est plus le Vrai, l'Unique, et un autre a pris sa place. Qu'il ne soit pas le vrai suaire est sans importance, seul compte le symbole représenté pendant mille ans par ce linge. Les fidèles, les religieux, le roi, le pape, le vénéraient, et c'était l'essentiel. »
Pierre Guelff, auteur des ouvrages "France Mystérieuse" publiés aux Editions Jourdan en collaboration avec les Presses Universitaires de France et UD.Flammarion.
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Pierre GUELFF, pour la Rédaction.