Il aura fallu des années pour qu'enfin, le changement climatique soit reconnu, et que les rejets de CO2 induits par l'activité humaine incriminées. Un quasi-consensus scientifique qui aura permis une prise de conscience générale et la mise en place d'un groupement d'étude international, le GIEC. Le sujet, boudé il n'y a encore que 3 ou 4 ans par les grands médias, fait aujourd'hui régulièrement la Une. |
Mais beaucoup d'incertitudes planent toujours dans les laboratoires, et les résultats contradictoires ne font qu'ajouter à la confusion d'un public de plus en plus inquiet. Et du scepticisme de faire feu de tout bois. L'effet de serre, dont l'image populaire n'est pas son meilleur atout, reste un phénomène physique controversé. Erreur historique pour les uns et incontournable réalité pour les autres, le rôle que joue la molécule de dioxyde de carbone dans le bilan radiatif de la planète est toujours chahuté. Qu'importe, d'autres corrélations que celle liant la hausse de la température moyenne du globe à l'augmentation du taux de CO2 atmosphérique se précisent, en particulier celle qui relie l'activité solaire au changement climatique. L'idée, venue du Danemark, ne manque pas d'élégance. Développée par le Professeur Svensmark, elle consiste à montrer que c'est le rayonnement cosmique qui est à l'origine de la formation des nuages. En effet, il suppose que les particules ionisantes qui nous parviennent des explosions de supernovae sont responsables de la condensation de la vapeur d'eau. Or, la couverture nuageuse joue un rôle majeur dans l'ensoleillement de la Terre, et donc par voie de conséquence, sur sa température moyenne. Et comme ces particules sont déviées par les orages magnétiques consécutifs aux périodes de forte activité solaire, le lien entre soleil et réchauffement climatique était fait. En comparant la variation d'intensité des cycles solaires dits de SCHWABE, dont la période est d'environ 11 ans, avec la récurrence de période de fortes chaleurs, on met en évidence une certaine corrélation. |

Et de montrer ainsi que l'activité solaire influence le climat. Le Soleil et ses sauts d'humeur, en freinant indirectement la formation de nuages, provoquerait un réchauffement de la planète. De là à en conclure que le réchauffement en cours est du exclusivement à l'activité solaire, et à mettre au placard les gaz à effet de serre, il n'y a qu'un pas que certains ont déjà franchi. Mais il est plus vraisemblable que l'on soit face à un effet cumulatif. C'est ce que semblerait montrer l'évolution comparée de l'activité solaire, du taux de CO2, et de la température, sur les 150 dernières années. Et particulièrement de 1949 à 1975, période durant laquelle l'activité solaire a décru et le taux de CO2 augmenté, et pour laquelle la température moyenne du globe est restée stable. Les deux effets se sont-ils neutralisés durant ces 25 années ? C'est une hypothèse qui ne demande qu'à être confirmée, et qui a le mérite de satisfaire les tenants de chaque théorie. Les chercheurs avancent ainsi pas à pas, avec peut-être parfois le sentiment d'être les observateurs d'une expérience menée grandeur nature, et dont l'issu ne se fera connaître qu'au dernier acte. Un roman à rebondissements et au suspense haletant, dont nous sommes tous et bien malgré nous, les acteurs principaux.
olivier, pour la Rédaction. |