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Les oiseaux migrateurs victimes du réchauffement climatique

NATURE ANIMALE
Chronique du 12-09-2009

Par Vincent Armillon
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LA CHRONIQUE
On le sait, une hirondelle ne fait pas le printemps, mais toute de même, le jour où ces gracieux volatiles débarquent dans nos contrées, on sait que la belle saison est proche. Dans le même ordre d'idée, lorsque les emblématiques cigognes (photo ci-contre) abandonnent leurs nids en Alsace, la grisaille et le froid ne sont pas très loin. Les oiseaux migrateurs ont en effet cette particularité de respecter des rythmes bien précis. Au cours des années, les hommes se sont habitués à ces migrations saisonnières qui semblaient immuables. Pourquoi en effet une espèce modifierait un rythme de vie qui lui a permis de traverser les siècles et d'assurer sa descendance de génération en génération.

Le problème, c'est que l'activité humaine est en train d'avoir de telles répercussions sur l'équilibre de la planète que même les choses qui semblaient immuables sont en train d'évoluer à une vitesse stupéfiante. Il est désormais acquis que le réchauffement climatique a des répercussions sur les oiseaux migrateurs, et que celles-ci sont souvent dramatiques partout sur le globe. Plusieurs études récentes ont mis en évidence que de nombreuses espèces de volatiles ont décalé leur migration annuelle de quelques jours et que d'autres ont adopté une attitude encore plus radicale en mettant tout simplement un terme à leurs longs voyages annuels.

A priori, cela ne paraît pas trop grave. Après tout, que les hirondelles arrivent une semaine plus tard ou que les cigognes passent l'hiver en Alsace cela ne va pas changer grand chose. Dans ce dernier cas, certains sont même particulièrement heureux de pouvoir observer toute l'année ces grands échassiers à la sympathique réputation. Le problème, c'est que si la nature a mis des siècles pour développer une vie correspondant à certains rythmes bien précis, c'est qu'il y a des raisons et que le moindre changement peut s'avérer fatal.



Le fait que certaines espèces aient avancé ou retardé leurs migrations est plutôt encourageant car cela prouve qu'elles sont capables de s'adapter rapidement à l'évolution du climat. Malheureusement, elles ne sont pas toutes dans ce cas et les conséquences sont dramatiques. Des chercheurs néerlandais ce sont ainsi intéressés au cas du gobe-mouches noirs (photo ci-dessus) et leurs conclusions sont alarmantes. Ces oiseaux se nourrissent principalement de chenilles mais celles-ci ne se développent que lorsque le climat est suffisamment clément. Désormais moins abondantes lors de la période de reproduction des gobe-mouches, ces derniers se retrouvent privés d'une apport nutritif essentiel et les chercheurs estiment que 90% d'entre eux payent de leur vie leur mauvaise synchronisation avec le pic de nourriture attendu.

Quand aux oiseaux qui renoncent à leurs traditionnelles migrations, ils courent eux aussi un grand danger. Le réchauffement du climat leur permet certes de trouver de quoi manger même en hiver, mais il suffirait que celui-ci soit soudainement plus rigoureux pour que l'on assiste à une véritable hécatombe. Des populations entières pourraient ainsi être décimées en seulement quelques mois et il n'est pas dit que les espèces concernées pourraient un jour reconstituer leurs effectifs. La nature a une faculté d'adaptation tout à fait exceptionnelle, mais le rythme aujourd'hui imposé par l'homme semble bien trop rapide et il semble de plus en plus probable que l'on se dirige vers une extinction massive des espèces, tout en sachant qu'il n'est pas forcément encore trop tard pour inverser cette tendance.

                Vincent Armillon, pour la Rédaction.



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