
Dans les pays économiquement développés,
1 femme sur 8 est touchée par le cancer du sein, en France,
chaque heure, une femme décède de cette maladie. Mais savez-vous que chaque année, toujours en France,
500 hommes déclarent eux aussi un cancer du sein ? Aussi surprenante que réelle, cette maladie est méconnue du milieu médical et quasi-inconnue du public, ce qui lui donne un avantage face à sa prise en charge.
Rassurez-vous, les quelques kilos que vous avez pris ces dernières années et qui commencent à se voir là où vous préfèreriez arborer de puissants pectoraux ne sont pas le signe d'une prochaine tumeur. Les facteurs de risques qui ont été identifiés sont d'une toute autre nature.
D'abord,
les antécédents familiaux, en particulier du coté de la mère et des soeurs. L'héritage génétique, comme dans de nombreux cancers, est un facteur de risques.
Des anomalies testiculaires ou encore l'obésité et la cirrhose, susceptibles de modifier le métabolisme et donc l'imprégnation hormonale des personnes atteintes, sont les principaux facteurs identifiés.
Autre piste, jusqu'à ce jour suspectée mais pas encore avérée,
l'exposition professionnelle et répétée aux champs électromagnétiques, comme ceux émis par les lignes à haute tension. Même si, répétons-le, il ne s'agit encore que de suspicions, cette piste renforce les arguments des opposants aux implantations de ce type de lignes électriques dans les zones habitées.
Le plus grand nombre de cas touche
les transsexuels, qui ont reçu de grandes doses d'oestrogènes. Mais les autres cas que cite la littérature mondiale qui rapporte des cas allant de
5 à 93 ans, laissent perplexe quant à l'action des nombreux perturbateurs endocriniens répandus, en particulier, par l'agriculture moderne, et qui concernent l'ensemble de la faune, nous compris.
Même si rien encore ne permet de faire le lien, la multiplication des facteurs chimiques et électromagnétiques, associés à une prédisposition génétique ou comportementale, doit être considéré avec prudence dans toutes les pathologies dans lesquelles l'équilibre hormonal entre en jeu.
Coté traitement, rien de bien différent que ce qui est proposé aux femmes,
l'ablation du sein étant, dans la majorité des cas, pratiqué en première intention. L'hormonothérapie est également proposée, elle consiste à utiliser des hormones, essentiellement des anti-oestrogènes, à condition que le cancer du sein soit hormono-dépendant.
Chimiothérapie et radiothérapie complètent ces moyens, en particulier lorsque la détection du cancer est tardive.
Et c'est là que des progrès doivent être accomplis, car bien trop souvent, le diagnostic n'est établi qu'à un stade avancé de la maladie, lorsque la peau et les muscles sont atteints en profondeur.
Mieux connaître cette maladie permettrait une détection plus précoce et un traitement plus efficace, d'autant qu'elle est d'une évolution lente dans la plupart des cas. Devrons-nous en passer, nous aussi les hommes, par un dépistage du cancer du sein dès 50 ans, et subir la douloureuse mammographie ? Vraisemblablement pas, sauf peut-être à réunir les facteurs de risques déjà identifiés.
Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.