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LE SUD TUNISIEN S'ASSECHE !...

EAU
Chronique du 12-11-2009

Par Philippe BOURY
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LA CHRONIQUE
Après 22 ans de pouvoir, le Président Zine el-Abidine Ben Ali vient d'être réélu pour un cinquième mandat à la tête de la Tunisie. L'occasion pour nous de nous intéresser à ce pays de la pointe est du maghreb.

Occupé à 40% par le Sahara, la Tunisie est sous l'influence de climats aussi contrastés que son relief. Entre les contrefort de l'Atlas au Nord, les plaines de la cote est et le désert du sud le pays est sous l'influence des vents marins au Nord et exposé au Sirocco au Sud. Le climat et la pluviométrie varient d'une région à l'autre. Ainsi dans le sud tunisien, il tombe moins de 300mm de pluie par an.
Entre Tozeur et Nefta, par exemple, à la frontière algérienne, les précipitations sont guettées avec intérêt. C'est tout au plus 10 jours par an que le ciel veut bien déversé un peu d'eau… 20 jours dans le meilleur des cas…





Située non loin du Chott El Jerid, le lac salé, Tozeur est célèbre pour sa palmeraie gigantesque. Plus de 1000 hectares abritent près de 500000 palmiers. Des oasis où se cultivent, sous les dattiers, fruits et légumes. 3 étages de cultures qui demandent à être irrigué minutieusement, et qui constituent l'essentiel de la production agricole locale.
Ces cultures sont gourmandes en eau. Et pourtant, depuis plusieurs siècles, grâce à un savant réseau d'irrigation utilisant les quelques 200 sources présentes sur le territoire, l'arrosage n'est pas un problème crucial. L'utilisation raisonnable de l'eau a toujours permis de cultiver en quantité suffisante, pour nourrir une population, nomade à l'origine, et de plus en plus sédentarisée.

Ces étendues de verdures au milieu du désert tendent pourtant à être menacées. Ici comme ailleurs, le réchauffement fait son œuvre. Mais il est accéléré par le développement économique du pays et de la région en particulier. Depuis une quinzaine d'année, pour désengorger le littoral méditerranéen de son flot de touristes, les autorités ont développé le tourisme saharien. La région de Tozeur compte aujourd'hui plus d'une quarantaine de grands hôtels avec piscine et grands jardins attirant de plus de plus de touristes. Des touristes grands consommateurs d'eau et adeptes de loisirs peu économes de la ressource. Ainsi, un immense terrain de golf a vu le jour il y a deux ans, en plein désert. Situé tout près de la palmeraie, il nécessite un arrosage continu pour maintenir un gazon vert… au milieu du sahara. Un paradoxe possible en puisant dans la nappe phréatique.

Faute de ressource suffisante, des forages de plus en plus profond ont été entrepris pour assurer un développement correct des plantations maraîchères. Même si l'essentiel de l'eau consommée l'est pour l'agriculture, la surexploitation des sources de la région fait craindre un tarissement plus ou moins proche et un abandon des oasis les plus difficiles à irriguer. Des mesures d'économie d'eau sont mises en oeuvre, comme les gouttes à gouttes. Et l'exploitation des sources chaudes fait aussi partie des solutions pour maintenir ces terres cultivables.

Le développement du tourisme, bienfait immédiat pour l'économie locale, a donc son travers. L'assèchement des nappes phréatiques est à craindre. Il faut ajouté à cela les abords des oasis et autre lieux touristiques transformés en déchetterie par des touristes bien peu soucieux de leur environnement. Papiers, bouteilles en plastique, canettes jonchent souvent les allées de palmiers et les parkings de 4x4. Et si une partie de la population bénéficient de ce tourisme de luxe en travaillant dans les hôtels, aux abords, ou dans les échoppes de souvenirs, la majorité des habitants ne bénéficient pas directement de la manne touristique. Et le touriste occidental, guidé 24h/24 par son tour operator ne profitera même pas de vraie rencontres avec la population locale.

A ce rythme là, le développement économique de la région de Tozeur, faute d'une plus grande vigilance quant à l'environnement risque fort de se faire au détriment des tunisiens, et mettre en péril l'équilibre hydrique, écologique et social de la région.

                Philippe BOURY, pour la Rédaction.



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conloche edouard a écrit le 19-11-2009 : Toujours escrologiquement à la recherche du sensationnel! Je note le "golf au milieu du Sahara" Le Sahara ne commence pas au bout de l'aéroport de Tozeur ça se passe ailleurs! Les cannettes de bière tombent des voitures à touristes qui ne sont pas forcément des 4x4.


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