Quand l'Europe songe à se pencher sur l'état de ses sols... Le constat est clair…
D'après les études menées par la Commission européenne,
45 Pour cent des sols dans les pays de l'Union reflètent (déjà) de faibles taux en terme de teneur organique et près de 20 pour cent d'entre eux font les frais de l'érosion. En un mot,
la terre s'appauvrit. Partant de ce constat
la commission en charge de l'environnement propose de prendre des mesures pour les protéger et ainsi éviter l'épuisement de cette ressource importante pour ne pas dire vitale. Et Une fois n'est pas coutume, les enquêtes démontrent que
c'est l'activité humaine qui est la cause de ce constat, (industrie, agriculture, déforestation, bétonnage…)
Comme cela a déjà été fait pour l'air et l'eau, mais plus clairement encore, il semble que la sauvegarde des sols méritent un texte particulier prenant en compte des chiffres précis en terme de production de biomasse, de stockage en carbone ou tout simplement pour la sauvegarde architecturale.
Une obligation de diagnostic pourrait ainsi voir le jour. Mais tout cela ne se fera pas du jour au lendemain. D'abord dés l'annonce de ce projet, les lobbies agricoles et industriels sont montés au créneau, en demandant son retrait pur et simple, et puis quand on connaît la diversité des pays qui font l'Europe des 27, et le chemin qui reste à parcourir pour harmoniser la législation dans d'autres domaines, autant dire
que la question de la solidarité financière va vite se poser .
Dans un premier temps, il s'agirait d'établit un état des lieux des sols, de recenser avec précision les zones dans lesquelles il existe un risque de dégradation et de confirmer quand c'est nécessaire la présence de
substances dangereuses, présentant même un risque sérieux pour la santé humaine. Des sites qu'il faudra bien ensuite assainir, sachant qu'il n'existe toujours pas à ce jour de document référent uniforme sur ces questions et encore moins de calendrier.
En première ligne pour ces hypothétiques contrôles, les ports, les aéroports, les stations-service, les pressings, les décharges, les installations Seveso, les installations industrielles les élevages de porcs et de volailles… La question reste la même qui va payer ? Comment instituer le principe du pollueur payeur ? Les plus riches pour les plus pauvres ?
Une chose est sûre, un pays comme l'Allemagne, pourtant premier contributeur de la communauté en matière de décontamination (Europe de l'Est), pourrait donc être avoir à mettre la main au porte monnaie pour assurer la décontamination de site en Méditerranée ou ailleurs ? La survie des sols est donc liée à l'épreuve de la solidarité financière au sein de la Grande Europe, ce qui ne devrait pas se traduire par une mise en place rapide et homogène.
Au Bureau européen de l'environnement, une ONG basée à Bruxelles, on compte sur l'opinion publique pour faire pression sur les Etats membres. Décidément, agir pour l'environnement n'a jamais coûté aussi cher…
Fabrice Hubert, Economie et Environnement pour Fréquence Terre
Sources Planète Urgence, Infos de la Planète
Le Monde, R.R, (14/11/2007)
Fabrice HUBERT, pour la Rédaction.