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Participez à l'info sur Fréquence Terre en donnant votre avis sur cette chronique. Toutes vos réactions : Jean-Michel Mathonière a écrit le 13-01-2010 : Si ce récit « n'a pas de prétention historique », il n'en est pas moins utile de signaler ses erreurs en ce qui concerne le compagnonnage. Si l'une des légendes de Maître Jacques, l'un des fondateurs mythiques du compagnonnage, fait bien état de son meurtre par un mauvais Compagnon dans le massif de la Sainte-Baume, cette légende ne date que du XVIIIe siècle, si ce n'est du tout début du XIXe, période dont date sa plus ancienne attestation… Au demeurant, le « pèlerinage » d'une partie des « Enfants de Maître Jacques » à la Sainte-Baume n'est probablement pas antérieur à la fin du XVIIe siècle. Quant au fait qu' « au XIVe siècle, le compagnonnage profita de ce voisinage pour associer les deux célèbres personnages »… encore faudrait-il que nous possédions des sources documentaires aussi anciennes sur le compagnonnage avant que de pouvoir l'affirmer ! Mais, me direz-vous, citant à nouveau Louis Carpentier, « la seule preuve est l'absence de possibilités contraires »… Certes, mais alors pourquoi ne pas raconter franchement des histoires, plutôt que de la pseudo histoire ? Jean-Michel Mathonière http://www.compagnons.info pierre a écrit le 13-01-2010 : Bonsoir, Je n'ai pas du tout la prétention d'être un historien et à chacun ses sources. Les miennes furent, à titres divers, Jean-Pierre Bayard (Payot), Bernard De Castera (PUF), Barret et Gurgand, du "terrain", de la documentation "compagnonnique" et autre... Ai-je confondu des faits historiques et des histoires développées par certains auteurs, c'est possible ? Fait un amalgame ? C'est tout aussi possible. N'empêche, comme je le spécifie toujours, mes écrits (et chroniques) sont souvent teintés de légendes. Et, vous conviendrez avec moi, qu'en ce domaine, la "vérité historique" n'a pas une place de choix. Quoi qu'il en soit, merci pour votre intervention. Jean-Michel Mathonière a écrit le 13-01-2010 : Oui, mais les légendes aussi ont une histoire… Dans les légendes « traditionnelles » ( celles qui se racontaient autrefois, avant l'invention de la presse et de la littérature spécialisée), l'histoire n'a effectivement guère d'importance. Mais dans les « légendes » rapportées à notre époque, tout particulièrement dans les ouvrages s'occupant des « traditions », l'histoire possède une valeur ambiguë : soit elle va dans le sens que l'on souhaite donner au propos et auquel cas elle offre la confirmation éclatante de la véracité du récit légendaire (sur l'air de : « Il n'y a pas de fumée sans feu ») ; soit elle ne va pas dans le sens du propos et auquel cas elle n'a finalement pas grande importance, d'autant si les faits légendaires possèdent une dimension peu ou prou « ésotérique » (et là, on chantera sur l'air connu de « L'absence de preuve ne constitue rien d'autre que la preuve de l'absence de preuve »). C'est là une conception de la place de l'histoire que je ne partage pas, y compris pour ce qui touche au légendaire compagnonnique. Mais effectivement, c'était bien là la conception qu'en avait Jean-Pierre Bayard — Paix à son âme — et qu'il avait réussi à faire en quelque sorte « valider » dans sa thèse de doctorat d'université, publiée chez Payot. Pour le reste, il ne me semble pas que ni Bernard de Castera, dans son pâle « Que sais-je ? », ni Barret et Gurgand, dans leur excellent livre « grand public », n'aient confondus légendes et histoire, quand bien même, faute de suffisamment de sources documentaires fiables, l'histoire des compagnonnages est obligée de laisser une grande place aux légendes. Quant au « terrain » et à la documentation compagnonnique, que je pratique chaque jour depuis plus de trente ans, je vous accorde que l'une comme l'autre de ces « sources » sont capables des lectures les plus extraordinaires et les plus extravagantes ! Il faut dire qu'elles se nourrissent moins souvent de la tradition compagnonnique à proprement dire, si tant est qu'il en existe une qui soit formellement définie, que, justement, des salmigondis maçonnico-ésotérico-traditionnels (j'en oublie certainement) que fabriquent en permanence depuis plus d'un siècle divers auteurs, en lieu et place de véritables travaux documentaires d'historiens. Pierre Guelff a écrit le 14-01-2010 : Bonjour, Je vous remercie aussi pour ce deuxième message et je dois probablement me situer dans la mouvance "des salmigondis maçonnico-ésotérico-traditionnels", néanmoins, j'ai retrouvé dans le livre que vous semblez apprécier, celui des Barret/Gurgand, la précision suivante (page 32 dans l'édition Livre de Poche) et qui concerne le sujet dont nous débattons : "Quand s'arrête la Bible, la tradition enchaîne, différente selon les sociétés (compagnonniques), mais toujours transmise avec piété, perdant un symbole ici, trouvant une fioriture là, amputée par les uns, ornée par les autres - comme tous les récits légendaires qui continuent à vivre."... deux auteurs qui ont, aussi, pour source - parmi tant d'autres -... Jean-Pierre Bayard. Enfin, vous trouverez dans les pages 59 et suivantes de leur "Ils voyageaient la France", les principaux extraits qui illustrent ma chronique. Excellente journée à vous !
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