
Au cours de ces dernières années, de nombreux pays ont pris conscience de l'importance de faire évoluer leur mode de consommation énergétique. Le réchauffement climatique global, mais aussi des taux de pollution de plus en plus inquiétants aux quatre coins du globe nous poussent aujourd'hui à imaginer un fonctionnement différent de nos sociétés. Au coeur de ce changement, le développement des énergies renouvelables, à commencer par l'éolien, le solaire et la géothermie, un ensemble de ressources très peu exploitées jusqu'à présent.
Le problème, c'est que chaque pays, voire chaque gouvernement successif, possède ses propres opinions quant à la politique à mener. C'est ainsi qu'en 1990 est née l'idée de la création d'une agence internationale chargée de promouvoir les énergies renouvelables. Un projet qui aura mis bien du temps à aboutir, mais c'est enfin le cas. Le 29 juin dernier, près de 140 pays ont ainsi adhéré à l'Irena (Agence internationale de l'énergie renouvelable), avec notamment la quasi totalité des pays européens et africains mais aussi, les Etats-Unis, l'Inde, le Japon ou encore l'Australie.
L'objectif de cette organisation intergouvernementale est à la fois simple et particulièrement complexe à mettre en place. Il s'agit tout bonnement de favoriser de façon efficace le développement des énergies renouvelables, notamment en favorisant l'accès des nations à des statistiques et des informations fiables, pour les aider à améliorer leurs capacités de production, voire à adapter leur cadre législatif aux grands enjeux environnementaux.
C'est une française qui a été élue au poste de directrice générale de cet organisme, en l'occurrence Hélène Pelosse, qui était auparavant directrice adjointe du cabinet de Jean-Louis Borloo, le ministre français de l'écologie. Celui-ci s'est d'ailleurs réjouit à la fois de cette nomination, mais surtout de la création de l'Irena. Pour le ministre, "l'agence pour l'énergie renouvelable « sans frontières » sera l'agence de la transition énergétique, de l'énergie du nouveau siècle, d'une énergie à la fois durable, et sans frontière". Il estime également que cette agence "devrait permettre la mise en place de meilleurs moyens pour atteindre les 23 % d'énergie renouvelable décidés dans le cadre du Grenelle Environnement et du paquet Climat-Energie européen."

Reste à savoir quel sera le véritable impact de cette organisation intergouvernementale. Quand on voit notamment l'impuissance des Nations Unies à assoir son autorité et à régler les conflits qui fleurissent sur la planète, on peut s'inquiéter légitimement. Le choix du pays qui accueille le siège de l'Irena peut également poser question. C'est en-effet Abu-Dhabi qui a finalement été désigné pour avoir cet honneur. Une décision qui peut surprendre quand on sait que ce pays tire la plus grande part de ses revenus de l'exploitation du pétrole.
Pour ne rien arranger, les habitants d'Abu Dhabi sont considérés comme étant ceux qui ont la plus forte empreinte carbone de la planète, ce qui rend ce choix assez étrange. Certes, à partir de 2015, l'Irena devrait être accueillie dans la ville de Masdar, actuellement en construction (photo ci-dessus). Une cité qui a pour objectif d'être la première de la planète à de pas émettre le moindre CO2. La question est de savoir si c'est celà qui a finalement fait la différence, ou si cela vient seulement de l'intense lobbying des émiratis.
Vincent Armillon, pour la Rédaction.