
Le Parlement européen vient de voter l'interdiction d'importation et de ventes de fourrures, peaux et autres produits dérivés de phoque. Les députés de Strasbourg, à une très large majorité, par 550 voix contre 49, jugeant la chasse aux phoques comme « répugnantes et cruelles ».
Il suffit de voir les vidéos sur internet : ce mammifère marin est abattu d'un coup de gourdin sur le crâne, mais pas forcément du premier coup et parfois dépecé encore vivant.
L'Europe, après le Mexique et les Etats-Unis, est la troisième puissance politique à prendre cette décision.
Concrètement, dès la fin de l'année, cet embargo concernera les peaux utilisées pour fabriquer des sacs, chapeaux, des gants, notamment ceux des motards ; mais aussi la viande, les organes, les graisses, et l'huile qu'on retrouve dans certains produits de parapharmacie présentés comme suppléments d'acide gras oméga 3. Un produit très à la mode, aux multiples vertus, mais que l'on peut aussi bien retrouver dans des sources végétales, comme les graines de lin, les huiles de canola, de chanvre ou de noix. Et aussi en moindre quantité dans les légumes verts.
Evidemment les associations de défense du bien-être animal se réjouissent de cette décision. Comme la Fondation Brigitte Bardot qui rappelle que si la chasse aux bébés phoques, les blanchons, est interdite depuis une vingtaine d'années, 900.000 phoques sont encore abattus chaque année comme l'explique, le porte parole de la fondation, Christophe Marie …. Ecouter sur la bande audio.
Cet embargo européen ne concerne que les produits dérivés de phoques à destination commerciale. L'Europe a prévu une dérogation pour autoriser les importations réalisées "à des fins non-lucratives" des produits provenant de la chasse traditionnelle pratiquée par les communautés esquimaux, notamment les Inuits, pour lesquels, le phoque constitue un des principaux moyens de subsistance.
Par ailleurs, la Suède, la Finlande et le Royaume-Uni, ont demandé et obtenu une dérogation pour pouvoir continuer à vendre localement les peaux et les produits des phoques abattus pour réguler pour je cite « les populations dans un souci de gestion des ressources en poissons ».
Malgré tout, cette décision ne convient pas aux pays qui pratiquent la chasse aux phoques, notamment le Canada et la Norvège, qui ont annoncé leur intention de porté plainte devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Matthieu d\'Hauthuille, pour la Rédaction.