
Une goutte de Parabènes, une once de triclosan, un peu de phénoxyéthanol ou encore un chouilla d'hydrocarbure aromatique polycyclique. Sans oublier un soupçon d'alcohol denat, de nanoparticules et de Paraffinum liquidum. Non, ce n'est pas une liste d'ingrédients inscrite sur un paquet de cigarette, mais bien celle entrant dans la composition d'un produit que vous étalez peut-être sur votre peau : votre crème de beauté.
L'industrie cosmétologique traditionnelle a à sa disposition plus de 100 000 substances chimiques industrielles pour l'élaboration de ses formules. Et les crèmes pour le visage n'échappent pas aux substances chimiques … aux propriétés préoccupantes.
Mais parce que le consommateur ne veut plus prendre le risque de mettre des substances potentiellement dangereuses sur son visage, et parce que des substituts existent : la cosmétologie évolue vers plus de naturel. Bannir les composants, dont le doute subsiste concernant la sécurité pour l'homme, mais aussi pour la planète, c'est le principe des crèmes dites naturelles ou encore bio. Ces produits maximisent les substances d'origine végétale et sans allergène. Il est donc important que notre premier réflexe, lorsque nous désirons acheter des produits cosmétiques, soit la lecture attentive de leurs compositions.
Bannir d'abord les huiles minérales. Bon marché et faciles d'emploi par les industriels. Ces paraffines sont dérivées du pétrole et empêchent la peau de respirer. Composées de chaînes d'hydrocarbures, ils ne peuvent pas être métabolisés par l'organisme.
Choisir une crème pour le visage « plus naturelle », c'est aussi veiller à l'absence d'huiles de silicone : substances entièrement synthétiques et dérivées du silicium, elles sont très peu biodégradables.
Reste les huiles végétales. Mais attention à leur provenance. Et surtout à l'impact écologique de la « récolte » de cette substance. L'extraction massive d'huile de palme en Indonésie, par exemple, conduit à des déforestations massives. Mieux vaut donc être attentif à ce que l'huile soit non traitée et naturelle en lisant l'emballage, en vérifiant le label. ou en allant sur le site internet de la marque du produit pour connaître la provenance des ingrédients.
Dans la formulation d'une crème, il faut faire attention aux parabens. Ils restent des conservateurs controversés. Apparus pour remplacer d'autres conservateurs, les formaldhéïdes, jugés dangereux, et dont l'usage est aujourd'hui limité aux vernis à ongles, ils sont aujourd'hui accusés d'être métabolisés par l'homme et d'exercer une activité œstrogénique faible.
L'actualité récente montre aussi qu'un emballage des crèmes de visage, le plastique, n'offre pas les garanties suffisantes concernant les perturbateurs endocriniens et d'autres substances cancérigènes. Les ONG environnementales préconisent de choisir un autre contenant en attendant d'en savoir plus sur les dangers éventuels de différents contaminants qui pourraient migrer dans la crème au fil du temps.
Question emballage, mieux vaut donc choisir une crème « en vrac », avec pompe et conditionnée dans du verre. La crème bio naturelle à l'intérieur, ça se voit à l'extérieur du paquet (recyclable et hygiénique). Parce que la nature et vous, le valez bien.
Plus d'informations sur cette chronique sur www.frequenceterre.com.
Alice Muntz-Portal pour la rédaction
Alice Muntz-Portal, pour la Rédaction.