
Selon le dernier rapport publié par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) environ 13.000 déchets plastiques flottent sur chaque kilomètre carré de l'océan , et chaque jour sont jetés à la mer huit millions de détritus.
Il est communément admis que ces déchets sont à 70 % d'origine terrestre, et ce chiffre atteint même 90% dans les îles, notamment celles des départements d'Outre-mer.
Ces déchets dégradent le paysage, ils nuisent à la qualité des eaux de baignades et constituent aussi des pièges mortelles pour la biodiversité marine, sans oublier qu'ils représentent un fardeau pour les collectivités qui financent le nettoyage du littoral.
Alors comment y remédier ? Qu'est ce qu'il faut faire pour réduire ce fléau ?
Lors du Grenelle de l'Environnement, l'association Robin des Bois a reçu pour mission par le Ministère de l'écologie de piloter un groupe de travail pour faire le point sur cette problématique des macrodéchets. Et elle vient de rendre public son rapport d'étude. Lequel comprend 65 recommandations. Des recommandations pour davantage sensibiliser le public. Et accroître les moyens pour collecter ces déchets.
Saviez-vous, par exemple, que les cotons-tiges, les préservatifs ou encore les tampons applicateurs représentent pas moins de 7% des déchets que l'on retrouve sur nos côtes. Ils sont jetés dans les toilettes ou dans les caniveaux et passent à travers les grillages censés les stopper.
Même problème en ce qui concerne les mégots de cigarettes. Depuis qu'il est interdit de fumer dans les lieux publics, les cendriers se font rares, et les mégots se baladent dans la nature avant de finir, au gré des épisodes pluvieux ou des lavages de voieries, dans les cours d'eau et sur le littoral.
Il est recommandé aussi de limiter les lâchers de ballons dont les épaves et fragments sont un indicateur important de la pollution du littoral et menaces les oiseaux de mer, tortues ou mammifères marins qui peuvent ingérer ces morceaux de plastiques et s'étouffer. « Même les ballons en latex dits ''biodégradables'' peuvent mettre plus de 5 ans avant de se dégrader » précise le rapport.
Parmi les recommandations, il est aussi question de renforcer la réglementation et les sanctions : on oublie parfois qu'il est interdit de jeter des déchets sur la voie publique et en mer.
Ce rapport met aussi en lumière le manque de moyens de la filière chargée de collecter les déchets. Et il préconise de donner un coup de pouce aux associations d'insertion qui participent aux nettoyages des plages et suggère que les marins-pêcheurs soient rémunérés pour des campagnes dédiées au chalutage de macrodéchets.
Enfin le rapport préconise de développer les recherches sur de la fragmentation du plastique, qui représente 75% des déchets dans l'eau de mer et qui se transforme en particules de plus en plus petites avant d'être absorber par les organismes marins sans qu'on en connaisse réellement les conséquences environnementales.
Les 65 recommandations ainsi que le compte-rendu des 6 réunions du groupe de travail sont disponibles sur le site de l'association Robin des Bois, lien ci-dessous.
65 recommandations du rapport Robin des bois
Matthieu d\'Hauthuille, pour la Rédaction.