Elle trouve aujourd'hui son épilogue avec la parution aux éditions IBIS PRESS de «
l'intelligence des animaux », préfacé par Boris Cyrulnik, ouvrage dont l'unique ambition est de rendre à Leroy sa place dans la mémoire collective.
Une place qu'il perdit étonnamment au fil des siècles qui le séparent de nous, alors que les lettres qu'il publia sont étrangement pertinentes.
Sans doute premier naturaliste à ainsi étudier le comportement animal et à le décrire en des termes que l'éthologie moderne reconnaît aujourd'hui comme siens, Charles-Georges Leroy, pourtant reconnu pas ses pairs, s'évapora des bibliothèques et sombra dans l'oubli.
Un oubli purement hexagonal, puisque la seule thèse jamais soutenue sur Leroy le fut en Allemagne, et que la seule édition critique de ses lettres est anglaise.
Un oubli réparé puisque désormais, tout un chacun a le loisir de découvrir ses textes dans l'ouvrage de François Sigaut.
Des textes qui nous entraînent dans un double voyage.
Dans le temps d'abord, où l'on découvre un français aussi désuet que précis, d'une étymologie sans faille soutenant à la fois l'idée et la description.
Dans les forêts du 18ème siècle ensuite, les observations de Leroy se bornant aux espèces qu'il connaissait pour les côtoyer et qu'il avait étudiées dans des environnements différents.
Ainsi, il écrivait à propos des loups et des renards :
« Dans la jeunesse, l'imprudence et l'étourderie leur font faire beaucoup de fausses démarches ; ensuite les périls auxquels ils sont exposés leur causent une frayeur qui souvent égare leur jugement, leur fait regarder comme dangereuses toutes les formes inconnues, attache l'idée abstraite du péril à tout ce qui est nouveau et les jette par conséquent dans la chimère.