Faites l'amour pas la guerre ! Cette maxime fleurant bon le flower power des années hippies pourrait bien avoir été inventée par les bonobos, si ceux-ci étaient dotés de la parole. Ces grands singes, proches de la famille des chimpanzés, sont en effet réputés pour une activité sexuelle débordante qui leur sert en partie à résoudre les conflits qui peuvent se produire au sein de communautés pouvant compter jusqu'à une centaine de membres. |
Leur sexualité débridée permet de réconcilier des membres du clan ou d'apaiser des tensions naissantes. Le sexe comme outil de paix sociale il fallait y penser. Les bonobos y ont pensé et, pour ne pas tomber dans une routine un peu ennuyeuse, ils ont développé des attitudes bien particulières. Homosexualité, attouchements, rapports oraux sont notamment au menu de ces singes délurés qui sont également le seul animal au monde, avec l'homme, à pratiquer la position dite du missionnaire. De tels comportements ne pouvaient que rendre célèbres ces animaux, même si ceux-ci sont loin d'être les plus connus des grands singes, les gens étant plus familiarisés ave les chimpanzés, gorilles ou orangs-outangs. Pourtant, de nombreux scientifiques s'accordent à dire que ce sont bien les bonobos qui sont nos plus proches parents. Fait assez incroyable, il faut savoir que ces animaux ont 99% de gènes en commun avec l'espèce humaine. De là à les considérer comme de proches parents, il y un pas qui est malheureusement loin d'être franchi. Pour s'en convaincre il suffit de voir le traitement qui est réservé à ces animaux. Braconnage et déforestation sont les deux facteurs principaux qui pourraient conduire à terme à la disparition pure et simple de cette espèce. Il faut savoir qu'au début des années 80 on estimait leur population à environ 100 000 individus. Depuis, le déclin est catastrophique puisqu'on estime aujourd'hui qu'il ne resterait que 10 000 à 20 000 bonobos vivants, certains observateurs pensant même qu'il n'y aurait qu'environ 5 000 survivants. Contrairement aux chimpanzés, les bonobos vivent dans un territoire assez réduit et bien délimité, dans les forêts tropicales humides du nord de la République Démocratique du Congo. |

Une zone géographique bien précise qui réduit leurs chances de survie. Ces forêts sont en effet de plus en plus exploitées par l'homme, notamment par de grandes compagnies minières, ce qui réduit considérablement l'habitat des bonobos. Pour ne rien arranger, les populations locales attribuent des vertus aphrodisiaques et fortifiantes à certaines parties de leur anatomie ce qui contribue à un braconnage dévastateur. L'instabilité politique et la pauvreté qui touchent la République Démocratique du Congo font également augmenter les menaces pesant sur cette espèce. De nombreux organismes, dont le célèbre Institut Jane Goodall, sont mobilisés pour venir en aide à ces grands singes, mais l'optimisme n'est pas forcément de mise. A l'instar de bien trop d'espèces, les bonobos pourraient bien un jour appartenir à l'histoire, les générations futures devant se contenter d'animaux empaillés exposés dans les muséums d'histoire naturelle du monde entier. Un triste scénario malheureusement crédible qui, on l'espère, sera démenti dans les années à venir. vincent, pour la Rédaction. |