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UN PRIX DE L'EAU ABUSIF DANS LES GRANDES VILLES

EAU
Chronique du 13-11-2007

Par Philippe BOURY
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LA CHRONIQUE
Le prix de l'eau reste très abusif dans les grandes agglomérations… C'est ce qui ressort de la dernière enquête de l'UFC Que Choisir parue ce mois-ci…

Les résultats de l'étude menée par l'association de consommateurs mettent en lumière les bénéfices faramineux réalisés par Veolia et Suez, les deux principales entreprises qui se partagent l'essentiel du marché de l'eau.
Ainsi, Marseille et Gennevilliers distribuent par exemple une eau deux fois plus chère que ce qu'elle ne coute… A Montpellier, la facture est 1,8 fois plus élevée que le prix de revient, et 1,5 fois à Bordeaux…
La palme de la surfacturation revient au SEDIF, le Syndicat des Eaux d'Ile de France, qui s'octroie une marge de 58,7 % entre le prix facturé et ce que l'eau devrait couter… Les marges de Lyon, Toulouse ou Reims oscillent entre 40 et 50 %... Angers, Nantes ou Lille restent, elles, entre 30 et 40 %, en baisse même par rapport à 2006, date de la précédente enquête.
A l'inverse, l'UFC décerne ses bons points à Chambéry, Clermont-Ferrand, Annecy ou encore Grenoble, qui présentent des prix assez proches du calcul de coût de l'association.

L'étude de l'UFC met en évidence les différences de profits faits entre les sociétés privées, délégataires de la gestion des eaux, et les régies municipales. Sans toutefois en faire une généralité, il apparaît que les régies s'en sortent mieux que la délégation privée, même si certaines régies ne sont pas exemptes de critiques.
Les résultats de cette enquête sont évidemment pondérés par les sociétés privées qui dénoncent la méthode de calcul qui ferait abstraction des paramètres locaux.
L'UFC affirme de son coté avoir réalisé cette étude à partir de données du ministère de l'Ecologie ou des agences de l'eau et non des syndicats eux-mêmes. La qualité de l'eau, la densité du territoire desservi, ou encore les subventions particulières attribuées aux syndicats ont été pris en compte dans le comparatif.

Forte de ses résultats, l'UFC en appelle donc aux élus locaux pour envisager un retour en régie municipale lors de la renégociation des contrats avec les délégataires de service. La menace de ce retour reste en effet pour l'association, le seul moyen de faire jouer la concurrence.



L'exemple de Lyon est probant… La capitale rhodanienne vient en effet d'obtenir une baisse de 16% du montant de la facture pour les usagers, et ce dès 2008. Après 12 mois de négociations acharnées, Véolia a consenti de diminuer de 28 centimes le prix du mètre cube d'eau. Un effort qui oblige le marchand d'eau à faire passer sa marge bénéficiaire de 20% à 8%.
L'autre exemple de volonté de se réapproprier l'eau vient de Paris. Le maire, Bertrand Delanoë vient de s'engager à reprendre entièrement le contrôle de l'eau dans la capitale. Il veut profiter de l'arrivée à échéance, en 2009, des contrats qui le lie à Véolia et Suez, pour récupérer dans le giron municipal l'ensemble de la gestion de l'eau, de sa production à la distribution.
Aujourd'hui, la société d'économie mixte « Eau de Paris » n'assure que la production et le stockage, la distribution revenant aux deux délégataires qui se partagent les deux rives de la Seine. La situation parisienne est d'ailleurs quasi ubuesque puisque l'eau, qui provient des réservoirs situés au sud de la capitale, change jusqu'à 10 fois de gestionnaire pour arriver au robinet des ménages !

Pour l'UFC Que Choisir, la clé d'une bonne gouvernance de l'eau est donc entre les mains des maires, qui doivent prendre le problème à bras le corps, et ne pas hésiter à entrer dans la négociation pour obtenir des baisses de prix, au bénéfice du budget des communes mais aussi de chacun des habitants.

Et pour poursuivre le débat avec les grandes entreprises de l'eau et les collectivités locales, l'UFC-Que Choisir met à la disposition des municipalités une rubrique de son site internet, www.quechoisir.org , qui, face aux calculs de l'étude de l'association, leur permettra de proposer leur version détaillée du compte de leur service des eaux.

Le site de l'UFC Que Choisir
Les détails de l'nquète de l'UFC

                Philippe BOURY, pour la Rédaction.



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