
Chaque année, l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) publie une liste rouge recensant les espèces menacées d'extinction sur toute la surface du globe. Malheureusement, chaque année également, cette liste ne cesse de s'allonger et la situation se détériore d'une façon dramatique. A l'heure où nous en sommes aujourd'hui, nous nous acheminons tout droit vers la sixième extinction massive des espèces qu'ait connu la planète, soit une catastrophe comparable à l'extinction des dinosaures... ni plus ni moins.
L'UICN avait comme objectif d'enrayer le rythme d'extinction des animaux et des plantes d'ici 2010, mais au final, cet objectif sera impossible à atteindre et ce n'est pas parce que nous entrerons dans l'année internationale de la biodiversité au 1er janvier prochain que cela changera quoi que ce soit. Cet organisme indépendant demande donc à tous les gouvernements de prendre conscience de la crise environnementale existante et de tout mettre en oeuvre pour mettre la protection des animaux et des plantes au rang de priorité absolue.
Cela serait effectivement la moindre des choses quand on regarde les chiffres publiées par la liste rouge cette année. A l'échelle mondiale, ce ne sont pas moins de 21% des mammifères connus qui pourraient disparaître purement et simplement à court ou moyen terme. Ce chiffre peut paraître ahurissant, mais certaines familles animales sont encore plus mal embarquées. 12% de tous les oiseaux, 28% des reptiles, 35% des invertébrés et 37% des poissons d'eau douce sont également en grand péril. Pire encore, 70% des plantes répertoriées par l'UICN risquent également de disparaître.
A l'heure actuelle, rien ne permet d'être optimiste et les activités de l'homme risquent fort de le conduire à une catastrophe à l'ampleur inimaginable et aux conséquences désastreuses. Certaines des espèces menacées ne semblent guère indispensables à notre survie. Difficile en effet de croire que les mollusques d'eau douce (photo ci-dessous) ou le varan de Panay soient absolument nécessaires à la bonne santé de notre planète, pas plus que le léopard des neiges à la limite (photo ci-dessus). Le problème, c'est que la nature est un ensemble complexe qui repose sur un équilibre des plus fragiles. Tel un château de cartes, la moindre pièce otée peut provoquer un effondrement généralisé.

En ce qui concerne la France, son rôle se doit d'être exemplaire pour sauver ce qui peut encore l'être. Peu de gens le savent, mais notre pays se situe au huitième rang des nations hébergeant le plus grand nombre d'espèces végétales et animales. Il faut dire qu'avec de nombreux départements et territoires d'outre-mer, nous avons la chance d'abriter des écosystèmes aussi riches que variés... en tout cas pour le moment.
Alors que le Grenelle de l'environnement, formidable coup médiatique, est encore dans tous les esprits, notre gouvernement ne fait pourtant pas grand chose pour préserver ce patrimoine inestimable. Chantre de l'écologie lorsqu'il était encore en campagne pour conquérir l'Elysée, Nicolas Sarkozy semble plus enclin à faire de grandes déclarations qu'à mettre des actes sur ses paroles. C'est pourtant bien du pouvoir et de son principal représentant que peuvent venir des décisions à même d'enrayer ce déclin de la biodiversité qui nous menace tous et pourrait mettre en péril les générations futures.
Vincent Armillon, pour la Rédaction.