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Le Brasier de l’Imparfaite de Sonia Pelletier (Ed. du Pierregord)

LITTERATURE SANS FRONTIERES
Chronique du 14-01-2012

Par Pierre GUELFF
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LA CHRONIQUE
Littérature sans Frontières est une chronique de Pierre Guelff.

Avec « Le Brasier de l'Imparfaite » de Sonia Pelletier-Gautier, roman historique paru aux Editions du Pierregord, se termine la fantastique trilogie des « Dilemmes de l'Inquisiteur ».
J'ai déjà dit tout le mal que je pensais de la terrifiante Inquisition menée au Moyen Âge par l'Église catholique et tout le bien des romans de cette auteure.
Lors d'une rencontre au Salon du Livre de Colmar, Sonia Pelletier-Gautier m'avait présenté ce troisième tome : « Les interrogations de l'Inquisiteur sont-elles d'un seul temps et d'un seul lieu ? Pas sûr. Le poids de la responsabilité d'un verdict repose sur les épaules d'un seul homme. Cela a-t-il vraiment changé ? »

Un Inquisiteur qui, par parenthèses, envoya la jeune Christine, qu'il accusait d'hérésie alors qu'elle mordait à pleines dents dans une vie, disons, « légère », vers les autorités laïques qui, bien entendu, la menèrent au bûcher.

Dans ce troisième tome, l'auteure nous explique que l'Inquisiteur se tortura l'esprit, voire la conscience, avec des questionnements profonds sur son rôle. Soit. Pour ma part, je constate que l'Église, dont il défendait pourtant avec passion les dogmes et les décisions iniques, n'hésitait quand même pas à faire feu de tout bois, si j'ose m'exprimer de la sorte, en promulguant la taxe dite « Lettres de beurre » qui autorisait les fidèles de consommer de la graisse animale durant le Carême.
Ce même Inquisiteur qui, dans sa sentence à Christine annonçait de manière hypocrite que dans le but « de planter la sainte foi catholique dans les âmes des peuples et d'en arracher la perversion hérétique, nous avons employés des méthodes diverses, variées et adaptées… ». En termes moins hypocrites, Christine avait été torturée pour, soi-disant, avouer son hérésie.
D'ailleurs, quand des ecclésiastiques haut placés dans la hiérarchie admettaient que, je cite, « la femme jetée au brasier est elle-même feu, feu des démons vivant de l'air obscur, souffle chaud et diabolique », tout était dit !
Et puis, soudain, la fin de ce roman nous évoque l'engagement inattendu de l'Inquisiteur auprès des gens frappés par la peste : « Comme si sa vie en dépendait… »
Au juste, que cherchait-il auprès de ces centaines et centaines de mourants ?
Sœur Marguerite était certaine que Dieu garderait une « place de choix » dans l'au-delà à ce « serviteur irréprochable ». Et le lecteur ?

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                Pierre GUELFF, pour la Rédaction.



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