
Du vin et de l'hostie d'église biologiques et entièrement durables !
A priori fantaisiste, cette description relève bien du possible pour le programme Eglise verte du Canada.
Les responsables de ce programme rappellent d'ailleurs que le faire revient à poser un geste de guérison envers une terre qui souffre de l'indiscipline des hommes.
A juste titre, L'Eglise verte rappelle sur son site internet un des écrits du livre de la Genèse : « Je penserai à l'engagement que j'ai pris à l'égard de toutes les espèces vivantes de la terre ».
L'Eglise verte, comme initiative œcuménique accompagne les efforts des communautés dans l'adoption de meilleures pratiques environnementales.
L'activisme religieux part ainsi d'un constat : dans la croisade en faveur de l'environnement, l'Église a un grand retard à rattraper. Une distance qui procède, selon le point de vue d'un critique, de la vision séparatiste de l'Église d'un monde matériel opposé au monde immatériel, donc de la Terre opposée au Ciel.
Au demeurant, pour donner plus de place à la spiritualité, la création et l'univers concret ont été longtemps négligés, explique Norman Levesque coordonnateur du projet Église verte.
Des actions concrètes sont menées pour protéger la création, mais la stratégie passe aussi par la prière et la parole. Ainsi des passages bibliques sont rappelés en permanence au cours des cultes et des prières pour souligner le lien entre la parole divine et la nécessité de la protection de la nature
Foires écologiques, programmes d'économie d'énergie et de l'eau, activités de recyclage constituent aussi le plat de résistance de l'engagement de la trentaine de paroisses, centres pastoraux, monastères et séminaires impliqués dans cette cordée écolo-œcuménique.
Lors d'une récente conférence des Églises vertes, Norman Levesque a démontré que la crise écologique trouve son fondement dans la crise spirituelle. Selon lui, la nature est le lieu de la réincarnation. Il est possible de miser sur ce qu'il appelle la conversion écologique, en reprenant les mots de Jean Paul 2…Autrement, une sorte d'impératif qui obligerait chacun à poser des actes en faveur de l'environnement.
Des initiatives similaires existent en Grande-Bretagne, au Danemark, en Australie et dans plusieurs autres pays. Au Canada, les ténors de l'Eglise verte souhaitent maintenant que tous les chrétiens de la planète entrent dans le mouvement pour donner de l'épaisseur à la lutte.
L'Eglise a effectivement sa partition à jouer dans ce débat, lorsqu'on connaît sa force de mobilisation et de ralliement, notamment dans les pays en développement où la croyance religieuse vaut encore son pesant d'or. C'est peut-être l'autre bout à tenir désormais par les politiques si elles veulent atteindre des résultats en matière de protection de la nature.
Pour plus d'informations, vous pouvez visiter le site de l'Eglise verte au www.egliseverte.org
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Godefroy CHABI, pour la Rédaction.