
Il y a quelques jours, le gouvernement du Québec a adopté le règlement sur le système de plafonnement et d'échange de droits d'émission de gaz à effet de serre. Cet instrument lui permet ainsi d'intégrer le marché du carbone et de rendre son économie plus productive et plus verte.
Le virage amorcé par le Québec vient ainsi cristalliser son adhésion au système Western Climate Initiative, auquel la Californie s'est déjà ralliée en Amérique du nord.
Le marché du carbone introduit un système contraignant qui oblige les principaux émetteurs de gaz à effet de serre à réduire leurs émissions. En même temps, il permet de générer les revenus pour financer les mesures de réduction des émissions.
Un responsable de la Fondation canadienne, David Suzuki, de défense de l'environnement, qui s'est réjoui de cette évolution a présenté le Québec comme un des chefs de file en matière de lutte aux changements climatiques et d'économie propre.
Karel Mayrand note d'ailleurs que la position du Québec est un signal majeur alors que le gouvernement fédéral conservateur a annoncé il y a quelques jours à Durban le retrait du Canada du protocole de Kyoto.
Le Québec a l'ambition de réduire ses émissions de moins 20 pour cents en dessous du niveau de 1990. Et il y a des raisons de croire que ce nouvel engagement y participe, aux yeux des observateurs internes.
En maintenant le cap sur sa cible, le Québec prouve qu'il est possible d'agir, même en l'absence d'un accord multilatéral contraignant.
Mais, attention à ne pas dormir sur ses lauriers, car l'atteinte des objectifs dépendra aussi et surtout du renforcement des mesures législatives adoptées et de leur suivi rigoureux.
Les organismes de défense de l'environnement recommandent d'ailleurs aux autorités du Québec de renforcer le plafond d'émissions et de surveiller le dispositif de mise en place du système afin d'accroître les revenus susceptibles de financer les actions.
Godefroy CHABI, pour la Rédaction.