
Nous poursuivons cette série sur les mégalithes avec cette semaine le cas du dolmen, qui ne doit pas être confondu avec le menhir, que nous aborderons la semaine prochaine.
Il semble que ce soit à
Théophile Malo Corret de la Tour d'Auvergne que revienne l'invention du mot « dolmen », présent dans son ouvrage
Origines gauloises, publié entre 1792 et 1796.
Relayé à la fin du 18ème siècle par
Pierre Jean-Baptiste Legrand d'Aussy (1737-1800) qui vit dans ce mégalithe une sépulture et non un autel sacrificiel, le terme aurait été forgé à partir de deux mots empruntés au breton :
t(d)aol, qui signifie table, et
men, pour pierre.
Le dolmen est donc très vraisemblablement une sépulture individuelle ou collective, constituée d'une dalle horizontale, ou table, posée sur d'autres pierres plates dressées et étayées, formant un couloir, le tout recouvert d'un tumulus.
Sa fonction funéraire a été définitivement démontrée par la quantité d'ossements retrouvés à l'intérieur, parfois atteignant plusieurs centaines d'individus inhumés sur plusieurs siècles.
S'il est impossible, au travers des vestiges mégalithiques, de se faire une opinion précise des croyances des populations de ces lointaines époques, on a cependant pu déceler des pratiques cultuelles liées à la conception d'une survie physique ou spirituelle. En particulier, les trépanations pratiquées sur les Grands Causses en seraient des indices. Des pratiques qui recèlent bien des mystères, d'autant qu'elles ont été réalisées sur les morts comme sur les vivants, parfois deux fois pour le même individu, et avec un taux de réussite évalué à 70%. Loin des salles d'opération aseptisées, et vraisemblablement réalisée au burin de silex, la trépanation aurait comme objectif de permettre l'échappée de l'esprit, lui donnant ainsi un sens religieux.
Ce sont 50.000 dolmens qui sont recensés dans le monde, dont 30.000 en Corée. Sur les 20.000 présents en Europe, on en compte environ 4500 en France, répartis dans une soixantaine de départements. 1000 d'entre eux se trouvent en Aveyron, qui en possède ainsi plus que la Bretagne toute entière. On en compterait en effet de 600 à 800 en Bretagne et dans le Quercy.
Quant au Sud de la France, on estime à 500 le nombre de dolmen présent en Lozère, 400 dans le Gard, à peu près le même nombre dans l'Hérault, et à une centaine pour les Pyrénées Orientales.
Ce sont donc une quantité assez impressionnante de sépultures mégalithiques qui parsèment la France et l'Europe, dont la construction a demandé une ténacité à toute épreuve. De la découpe des dalles en granite ou en dolomie, à leur transport et jusque leur érection, ces blocs atteignant parfois plusieurs dizaines de tonnes restent une énigme, derniers vestiges d'une civilisation mal connue et pourtant si présente. Photos : © Olivier FRIGOUT - Toute reproduction interdite.
Dolmen - Burren (IRLANDE) et Causse Méjean (LOZERE)
Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.