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Bonjour,
pour cette première chronique montagne nous partons très loin de la France dans un massif emblématique, l'hymalaya. Direction le nord de l'Inde, à leh très exactement. Une petite ville tibétaine devenue le quartier général des trekkeurs, randonneurs et autres amoureux de la montagne. Pour eux, ici les vedettes se sont bien sur les montagnes, les cols et les sommets, mais pour les habitants habitués à ces paysages de carte postale, la célébrité locale c'est un tout petit bonhomme. Il est timide et bienveillant et ici on le surnomme l'homme des glaciers. Chewang Norfell est un enfant du pays devenu ingénieur. Depuis sa retraite il est revenu aider les siens à lutter contre un nouveau fléau ... le manque d'eau.
Effets du changement climatique ou non, les glaciers hymalayens ont tellement reculés que l'eau de la fonte n'atteint les villages qu'aux mois d'été. Un vrai problème pour les habitants qui en on besoin dès le printemps pour le début des cultures. Partant de ce constat Norfell l'ingénieur a tout simplement entrepris son nouveau métier de fabricant expérimental de glaciers artificiels. L'idée est assez simple, elle consiste à retenir l'eau de fonte avec des digues de pierre construites à intervalles réguliers. En hiver cette eau gèle et une masse de glace se forme à seulement quelques centaines de mètres du village. Avec l'arrivée du printemps au mois de mars, la glace commence à fondre et l'eau qui coule est utilisée pour l'irrigation. Si le projet peut encore être perfectionné, il a déjà fait ses preuves dans les villages qui ont bénéficié de l'installation. D'ailleurs l'idée de Norfell a été très remarquée et pourrait être exportée dans d'autres régions du monde comme dans les Andes qui connaissent en certains endroits les même problèmes.
Rien d'étonnant à cela, La fonte des glaciers continentaux est générale, et un rapport publié au printemps dernier par le Service mondial de suivi des glaciers le montre bien. Son réseau d'observation couvre plus de 100 glaciers dont 30 disposent de données continues et fiables depuis 1980. 96% des glaciers ont vu leur taille diminuer et depuis les années 2000, ils perdent en moyenne 50 cm d'épaisseur par an.
Au rythme actuel, de nombreux glaciers devraient disparaître dans les décennies à venir. Cela risque de perturber la vie de régions entières où les habitants dépendent de la vie des glaciers pour l'eau potable, l'agriculture, l'industrie et la production d'énergie.
Nous n'en sommes pas encore là, même si les changements vont vite, trop vite... des changements qui sont observés ici aussi dans les alpes. Une association basée à Chamonix, le Centre de Recherches sur les Ecosystèmes d'Altitude suit précisément l'évolution des espèces végétales et animales qui réagissent aux activités humaines et aux changements climatiques. Ils espèrent ainsi pouvoir proposer des mesures de gestion et limiter la remontée des étages biologique déjà en cours.
Deux programmes Phénoclim et Phéno'piaf s'adressent à tous ceux et celles qui habitent dans les Alpes entre 200 et 2200 m d'altitude. Si vous êtes dans ce cas, vous pouvez participer bénévolement à la recherche en observant l'évolution au fil des saisons de quelques végétaux choisis dans votre entourage. Ca c'est pour phénoclim mais si vous êtes fascinés par le monde animal vous pouvez aussi suivre pour les chercheurs l'arrivée chaque année de 5 espèces d'oiseaux migrateurs. Des observations simples, auxquelles chacun peut contribuer et qui fournissent une information précieuse aux scientifiques.
Pour participer à ces programmes ou en savoir plus :
rendez-vous sur le site : Créa Haute Savoie
Anne-Laurence MAZENQ, pour la Rédaction.