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TRANSPORTS GRATUITS : AUBAGNE FAIT VIVRE L’UTOPIE

ECO CITES
Chronique du 14-05-2010

Par Philippe BOURY
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LA CHRONIQUE
Direction cette semaine Aubagne, dans les Bouches du Rhône, où les usagers des bus de la Communauté d'agglomération du Pays d'Aubagne et de l'Etoile ont la possibilité, depuis tout juste 1 an, d'utiliser les transports en commun sans débourser un seul centime. C'était l'une des promesses de la municipalité lors de son élection en 2008 : faire en sorte que les bus deviennent entièrement gratuits.

A l'image de ce qu'il se fait dans une douzaine de collectivités en France, comme Châteauroux ou encore Compiègne, Aubagne a mis en place ce dispositif sur les 11 communes de son agglomération soit près de 100.000 habitants. Au-delà du symbole, la mesure a pour objectif de doubler la fréquentation des bus. A Aubagne, comme ailleurs, la voiture a pris une place prépondérante… Le trafic routier y est très engorgé alors que le réseau de transport en commun n'est que très peu fréquenté.

L'idée est donc de résoudre cette problématique du trafic tout en agissant sur le pouvoir d'achat avec l'objectif aussi de faire baisser la pollution automobile.

Cette idée, généreuse et éco citoyenne a fait l'objet de beaucoup d'opposition et de craintes.
Il y a d'abord la question du coût pour la collectivité. Avec le passage à la gratuité, la communauté d'agglomération réalise une économie de 200 000 à 250 000 euros (émission des billets, contrôles…).
Mais elle se prive de près de 700.000 € de recettes. Une manne qui reste faible par rapport au budget de la l'agglo et qui sera compensée par l'augmentation de la fiscalité à travers « le versement transports » payé par les entreprises locales. Cette taxe, de 0,6 % à 1,05 % du fait de l'augmentation de la population.



Pour beaucoup d'usagers, et même d'élus, la gratuité est aussi souvent synonyme de détérioration. Cela favoriserait le vandalisme sous prétexte que l'on ne respecte que ce que l'on paye. Là aussi, il a fallu convaincre. Les exemples de bus et métro vandalisés ne manque pas, alors que l'on paye pour les emprunter. Là où la même mesure a été prise, il n'y a pas eu d'augmentation des dégradations.
Pour remplacer l'absence de contrôleur, inutile dès lors qu'il n'y a plus de billets, Aubagne a prévu de faire appel à des agents médiateurs, appelés dans certaines villes des « agents d'ambiance », dont la fonction est de prévenir, de discuter, et d'informer…

Reste la question de l'impact environnemental. Si développer le réseau signifie plus de bus, cela ne vaut pas forcément dire plus de pollution. D'une part, les bus dits « propres » se développent, et ces bus supplémentaires ôtent de fait un grand nombre de véhicules particuliers ne transportant qu'une ou deux personnes à la fois…
La question de l'équité sociale fait également débat. Accéder aux transports gratuits n'a pas le même impact selon le budget des familles. En région parisienne, une tarification sociale existe déjà et les plus démunis ont accès aux transports en commun sans débourser un centime. Mais les recettes induites y sont d'un autre niveau : 35 millions d'euros rentrent tous les ans dans le budget de la région. L'impact est tout autre dans des villes de la taille d'Aubagne.

L'utopie réalisée par Aubagne n'a rien d'une première, on l'a dit. Châteauroux a appliqué la même mesure en 2001, Vitré s'y est mis en 2002, Gap ou encore Noyon se lancent, alors qu'à Compiègne, ne pas payer pour prendre le bus est rentré dans les habitudes des usagers depuis bien longtemps. La ville a joué les pionnières il y a 33 ans et étend cette gratuité à toute son agglomération depuis 2005.

La bonne idée ne reste toutefois réalisable et viable que dans des villes moyennes, pour l'instant… Mais beaucoup militent pour une généralisation de la gratuité des transports, au même titre que celle des soins ou de l'éducation…

Le plan transport d'Aubagne ne se limite pas à la gratuité… Un tramway est en cours de création, un plan vélos est à l'étude et de nombreuses initiatives de pédibus, baptisées « marchons vers l'école » se développent sur le territoire.

L'utopie est belle. Elle permet en tout cas, là où c'est réalisable, de participer au désenclavement des populations pour qui débourser pour se déplacer reste un frein… Et au volet social s'ajoute la part écologique de la mesure…
La gratuité est un moyen de développer les transports en commun et d'agir globalement pour les citoyens et leur environnement.

La gratuité des bus de l’agglo des pays d’Aubagne et de l’Etoile
Foire aux questions
La gratuité des transports se développe en France
Le reportage de France 3 – Naturbis
Gratuité des transports, une utopie ? (Regards)

                Philippe BOURY, pour la Rédaction.



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mm a écrit le 07-11-2011 : Sava


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