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Beaucoup d'entre nous ont de graves problèmes de santé provoqués par la déforestation et nous souffrons de la perte de nos zones de pêche et de la raréfaction du gibier."
Ceci est un extrait de la lettre adressée par 77 chefs coutumiers Penans au PDG du groupe hôtelier
Accor.
Les
Penans sont une communauté d'un millier de personnes qui vivent dans la forêt malaisienne sur l'île de Bornéo et dont les droits sont régulièrement bafoués.
A première vue, il y a peu de rapports entre le leader européen de l'hôtellerie et une communauté indigène en Malaisie.
Et pourtant, Accor s'est allié au groupe, Interhill, pour construire un Novotel à Kuching dans l'Etat du Sarawak sur l'île de Bornéo à l'horizon 2010.
Dans ce partenariat, Interhill fournit l'argent de la construction et Accor exploite l'hôtel.
Et c'est
ce partenariat qui est encombrant pour Accor, car l'activité principale d'Interhill, c'est la déforestation. Et l'entreprise est loin de satisfaire à tous les standards sociaux et profite des failles juridiques du pays pour saccager les forêts, comme l'explique
Lukas Straumann, directeur de la Fondation suisse Bruno Manser, qui soutient les communautés locales de Malaisie.
Un appel entendu par la direction développement durable d'Accor, qui soutient qu'elle n'était pas au courant des pratiques condamnables de son partenaire. La situation est en effet intenable pour le groupe qui finance par ailleurs des opérations de reboisement dans le monde.
Accor a consulté la Fondation Bruno Manser et rappelé Interhill à ses responsabilités.
Et pour prouver son engagement entier, il est allée plus loin, diligentant une enquête indépendante sur les pratiques sociales d'Interhill.
Celle-ci devrait débuter dans la 2e quinzaine de juin et durer 15 jours.
Et selon les conclusions de cette enquête, Accor prendra la décision qui convient.
Hélène Roques est la directrice du développement durable pour le groupe Les problèmes ne sont pas pour autant terminés pour les Penans.
Ils doivent encore obtenir des autorités qu'elles reconnaissent leurs droits sur le territoire sur lequel ils vivent.
200 plaintes en ce sens ont déjà été déposées par les communautés indigènes.
Et les choses pourraient changer, avec ce premier jugement de la cour fédérale malaisienne le mois dernier qui a reconnu aux Penans le droits de disposer de leurs terres.
Fondation Bruno Manser
Survival France
Engagement d'Accor pour le reboisement
Grégory LESCA, pour la Rédaction.