
Sur une butte allongée, la ville haute renferme de surprenants et mystérieux témoignages d'un étrange passé… On évoque même une «
montagne couronnée » à son encontre.
Le sommet de cette butte splendide est dominé par la somptueuse cathédrale de 110 mètres de longueur qui servit de modèle aux cathédrales de Chartres et de Paris et qui est aussi dédiée à Notre Dame.
Il n'a fallu que quatre-vingts ans aux Bâtisseurs – dont on ne soulignera jamais assez la maîtrise de leur art - pour élever, dès 1155, cette œuvre admirable.
Ce qui frappe en regardant cet édifice sacré, ce sont les cinq remarquables tours. Tout en étant massives, elles paraissent très légères compte tenu de leur architecture dentelée et de leur évidement.
Outre cet aspect agréable, la présence de grands bœufs de pierre figés au sommet des tours attire également l'attention.
Pourquoi cette présence insolite ?
Selon une première version, il s'agirait d'un hommage rendu aux Bâtisseurs pour leur travail harassant : «
Travailler comme un bœuf »…
Selon une deuxième version, il s'agirait d'une présence symbolique. Alors qu'il tirait d'énormes madriers nécessaires à la construction des toitures et des blocs de pierre, l'un des bœufs du convoi s'effondra en pleine montée vers le chantier.
Aussitôt, la volonté divine le remplaça par un bœuf en pleine santé, selon une légende, ou ressuscita l'animal terrassé, selon une autre légende.
Non loin de la cathédrale, on trouve un édifice remarquable : la Chapelle des Templiers, c'est le plus ancien édifice templier d'Occident.
Il s'agit de la réplique de la basilique du Saint-Sépulcre de Jérusalem et on y trouve, installé dans une armoire vitrée, un transi (photo). C'est-à-dire l'effigie d'un mort à l'état de cadavre nu et décharné. Ce fut le premier du genre, paraît-il.
Ce transi est celui de Guillaume de Harcigny, né à Laon vers 1310 et décédé en 1393. Il a fait des études médicales dans sa ville natale et à Paris, approfondit ses connaissances en Egypte, en Syrie et en Italie, ouvrit un cabinet à Noyon et devint un médecin réputé. En 1392, il fut appelé au chevet du roi Charles VI alors frappé de folie.
Ayant réussi à calmer le souverain, le médecin fut comblé d'honneurs et de biens, mais il préféra rentrer à Laon plutôt que de rester à la cour.
Pierre Guelff, auteur des deux ouvrages « France Mystérieuse, Insolite et Sacrée » parus aux Editions Jourdan en collaboration avec les PUF et UD-Flammarion.
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Pierre GUELFF, pour la Rédaction.