L'actualité écologique commentée depuis Bruxelles, capitale de l'Europe. La mer est considérée comme une ressource essentielle dans l'Union européenne.
En effet, vingt de ses Etats membres sont bordés de côtes, sept capitales sont situées en bord de mer, la longueur des côtes de l'Union européenne s'élève à quelque 68.000 kilomètres et, en cinquante ans, la population habitant les communes littorales a plus que doublé pour atteindre 70 millions de personnes.
Il faut encore savoir que la moitié de la population de l'Union européenne vit à moins de cinquante kilomètres de la mer.
Ajoutons à ces statistiques de la Communauté européenne, qu'il y a plus de mille ports maritimes en Europe avec un passage annuel de 300 millions de personnes et un milliard de tonnes de marchandises diverses.
Et l'écologie ? A côté de ces formidables enjeux socio-économiques qui entraînent une politique maritime de l'Union européenne bien spécifique – et parfois très controversée ! –, il y a, heureusement, ceux qui intéressent tous les écologistes et, cela va de soi, la rédaction de « Fréquence Terre ».
Concernant les requins, sujet de notre présente rubrique, que dit-on à Bruxelles ?
Dans un premier temps, la Communauté européenne rappelle avec justesse que les requins «
jouent un rôle indispensable au maintien de l'équilibre des écosystèmes marins. »
D'autre part, elle constate que, depuis les années 1980, les requins font l'objet d'une exploitation de plus en plus intensive : viande, ailerons, peau, cartilage, etc., que cela en devient de la surpêche. Ce qui menace d'extinction certaines espèces.
Alors, que faire pour enrayer ce processus dévastateur ?
Plan d'action La Commission européenne a lancé un Plan d'action avec trois objectifs bien spécifiques.
A savoir :
1. Elargir les connaissances relatives aux pêches de requins ainsi qu'à leurs espèces et à leurs rôles dans l'écosystème.
2. Faire en sorte que les pêches ciblées sur les requins s'inscrivent dans une optique durable et que les captures accessoires de requins résultant d'autres pêches soient correctement réglementées.
3. Encourager la mise sur pied d'une approche cohérente entre les politiques internes et externes de la Communauté européenne en matière de requins.
Ce plan plein de bonnes intentions a été approuvé en février 2009.
Et sur le terrain ? Mais, sept ou mois plus tard que se passe-t-il, quand il faut également savoir qu'en plus d'une pêche dans les eaux de la Communauté européenne, des navires communautaires capturent des requins partout sur la planète, ce qui ne facilite guère les choses, vous en conviendrez !
De plus, comment contrôler efficacement les recommandations de la Communauté européenne ? En définitive, ne s'agit-il pas d'un leurre, du maillon faible du système ?
Bruxelles en est consciente et se penche sur le problème. Mieux, elle promeut la pêche durable avec force et promet de mettre en place, je cite, «
des technologies modernes permettant des contrôles de la pêche plus ciblés et plus efficaces. »
Ainsi, petit à petit, en phase avec la FAO, l'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, ainsi qu'avec des organismes de gestion de pêches, la Communauté européenne met en place des systèmes permettant de vérifier les captures par espèces et par pêcheries. Elle va aussi disposer des observateurs à bord de certains navires et, surtout, observer, pour ne pas dire surveiller, les pêcheries en eau peu profonde de l'Atlantique du Nord-Est, ceci étant, selon Bruxelles, «
hautement prioritaire ».
Enfin, une surveillance des transactions commerciales concernant les ailerons, la chair et l'huile des requins commence à s'établir.
Assurément, cette politique maritime européenne a le mérite d'exister et de se faire entendre. Il lui reste à bien se faire comprendre de toutes les parties.
Sensibiliser avant de sévir, tel semble être le message envoyé par Bruxelles.
Il reste à espérer qu'il sera bien capté !
Pierre Guelff. En savoir plus...
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Pierre GUELFF, pour la Rédaction.