
193 pays se sont réunis en octobre à Nagoya au Japon. 193 pays à la recherche d'un consensus sur l'exploitation des ressources génétiques et le partage équitable des bénéfices qui en résultent. 193 pays en quête d'un accord sur une action commune pour la préservation de la biodiversité et la création d'un mécanisme financier.
Les 18 jours de négociations ont porté leur fruit et après 8 années de négociations, le « protocole APA », devenu « protocole de Nagoya », a enfin été voté. Il entrera en vigueur en 2012 et régira à partir de cette date le partage des avantages tirés de l'exploitation des ressources génétiques. C'était un des enjeu central de la conférence. Avec cet accord, les pays hôtes devront dorénavant donner leur consentement aux entreprises après examen d'un dossier de demande officielle pour exploiter les ressources. Ce consentement pourra également être demandé aux communautés locales.
Deuxième chapitre de décisions, celles qui concernent l'adoption d'un « plan stratégique d'action pour 2020 ». Il comprend 20 objectifs précis mais non contraignants liés à la préservation de la biodiversité. La division par deux de la destruction des habitats naturels, dont les forêts, la restauration de 15 % des habitats dégradés, la mise en place d'aires terrestres et de zones marines protégées, des « d'efforts spéciaux » pour réduire les pressions exercées sur les récifs coraliens. Enfin, les gouvernements se sont également mis d'accord sur un objectif d'arrêt de la surpêche.
S'agissant du volet financier, le Japon s'est engagé à débloquer deux milliards de dollars pour la lutte contre la déforestation dans les trois prochaines années. La France a également annoncé mobiliser quatre milliards d'euros entre 2011 et 2020 pour la préservation de la biodiversité.
Autre mesure à souligner, la conférence a adopté une décision invitant l'assemblée générale des Nations Unies à créer l'IPBES, l'équivalent du GIEC pour la biodiversité. Une plateforme qui devra éclairer les choix politiques grâce aux expertises scientifiques et qui pourrait permettre de réunir toutes les données internationales sur la biodiversité et son érosion.
Si les ONG saluent les mesures qui permettront de lutter contre la biopiraterie et de renforcer les droits des communautés indigènes, ils regrettent l'aspect peu contraignant du protocole de Nagoya. Sa faiblesse réside aussi dans les difficultés à vérifier après acceptation des dossiers le respect par les entreprises des règles éthiques de la Convention.
Pour les délégués présents à Nagoya, le résultat de cette conférence constitue un signal positif avant l'ouverture, fin novembre, du sommet de Cancun sur le climat. Selon les mots du directeur de WWF, Serge Orru, « Cet accord réaffirme le besoin fondamental de conserver la nature comme le socle même de notre économie et de notre société. Les gouvernements ont clairement rappelé que la protection de la planète a sa place dans l'agenda politique international et que les pays sont prêts à joindre leurs forces pour sauver la vie sur Terre ».
Anne-Laurence MAZENQ, pour la Rédaction.