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ENERGIE NUCLEAIRE - Fukushima signera-t-il la fin de l’atome ?

SCIENCES ET NATURE
Chronique du 15-03-2011

Par Olivier FRIGOUT
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LA CHRONIQUE
Le nucléaire vacille à nouveau, après 25 ans de reconquête de l'opinion publique et des politiques, se présentant depuis quelques années comme le seul rempart à une double exigence : répondre à la demande croissante d'énergie dans le monde et lutter contre le changement climatique.

Le lobby de cette industrie avait presque réussi à nous faire oublié les déchets durables dont on ne sait que faire, les atteintes sournoises à l'environnement aux abords des centrales, du fait de petits incidents ou simplement des rejets tolérés dans les cours d'eau, et le risque zéro que l'on n'atteindra jamais, car entre l'erreur humaine et les catastrophes naturelles, l'accident grave est inévitable.

A l'heure où j'écris ces lignes, la situation au Japon est critique, mais l'accident nucléaire majeur pas encore produit. Mais le fait même d'être dans une telle situation est inacceptable, car elle reflète qu'au nom de l'intérêt général, nos responsables politiques ont pris des risques qu'en réalité, rien ne justifiait, et encore moins aujourd'hui alors que les inconvénients du nucléaire sont mieux connus.
Quid des déchets nucléaires ?
Quid des centrales qu'il faudra démanteler et des montagnes de gravas irradiés que cela génèrera ?
Quid enfin de notre avenir énergétique alors que les réserves mondiales d'uranium 235 ne nous permettront pas d'alimenter les réacteurs actuellement en service au-delà de la fin de ce siècle ?
Et parce que nous misons la quasi-totalité de l'effort de recherche et développement sur le pétrole et le nucléaire[1], aucun projet sérieux et alternatif n'a de chance d'aboutir dans un délai qui éviterait une pénurie d'énergie mondiale catastrophique.

En attendant, le nucléaire continue d'engouffrer des montagnes d'investissements dans des projets que bon nombre de physiciens remettent en cause en terme de faisabilité, qu'il s'agisse des réacteurs de 4ème génération consommant l'uranium 238 ou encore le thorium[2], ou de la fusion nucléaire.

Depuis que la recherche dépend des contrats passés avec les industriels, le principe de précaution a été remplacé par le risque de développement, permettant aux firmes qui exploitent le progrès scientifique de n'endosser aucune responsabilité.
Or, le principe de précaution, dénoncé par ses détracteurs comme une entrave au progrès, est en fait une garantie que celui-ci se fera au seul bénéfice de l'humanité.

Ce nouvel accident nucléaire doit nous conduire, nous, citoyens, à nous interroger sur le coût réel de l'électricité que nous consommons, non pas en euros mais en bénéfice / risque et sur le long terme, et sur l'opportunité de refuser une technologie qui met l'humanité en danger, même si cela signifie de réduire de façon drastique notre consommation d'énergie, tout en misant sur les alternatives au tout nucléaire qui en sont à leurs balbutiements et pourraient être l'aube d'une nouvelle humanité.


[1] Selon l'Adème, les dépenses publiques de recherche et développement se sont élevées en 2005 à 133 millions d'euros pour le pétrole et le gaz, 490 millions pour le nucléaire, et environ 172 millions d'euros pour le reste dont 64 pour l'efficacité énergétique, 54 pour l'hydrogène et la pile à hydrogène et seulement 42 pour l'ensemble des énergies renouvelables. D'après le site de Jean-Marc Jancovici, l'effort annuel total de recherche et développement en France s'élèverait à près de 2 milliards d'euros pour le pétrole et 1 milliard d'euros pour le nucléaire.

[2] Il n'existe qu'un noyau fissile dans la nature, l'isotope 235 de l'uranium, et deux noyaux fertiles, l'isotope 238 de l'uranium et l'isotope 232 du thorium. Les surgénérateurs du type de Superphénix consomme du plutonium et transforme (surgénération) de l'uranium 238 en plutonium, produisant ainsi lui même son combustible.

                Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.



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Pierre GUELFF a écrit le 15-03-2011 : Pour info, ce mardi 15/3 à 10 h : de la radioactivité a été libérée après l'incendie du réacteur 4, et, bien entendu, selon les autorités, il ne s'agit que de "radioactivité légèrement supérieure à la normale à Tokyo"...

Pierre GUELFF a écrit le 15-03-2011 : Info du mardi 15/3 à 11h30 : quatre jours après le séisme, la crise nucléaire s'est aggravée avec une nouvelle explosion à Fukushima. D'où, une nouvelle hausse du niveau de radiation à Tokyo.


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