
« Des oursins et des hommes », de Martin Wells, proposé en version poche par les « Editions le Pommier » est une réédition de « berniques et civilisations », publié il y a presque 10 ans chez le même éditeur.
Pour ceux qui ne l'on pas lu à l'époque, l'occasion se présente à nouveau grâce à une maison d'édition dont le credo est
« Comprendre le monde qui nous entoure... », ouvrant ainsi les portes des sciences aux non-initiés.
Lire ou même relire ce livre, surtout si vous êtes sur la plage cet été, sera l'occasion d'une immersion dans un monde finalement peu connu, dont la diversité biologique nous est accessible que derrière une vitre, qu'il s'agisse de l'écran de télé, d'un aquarium, ou encore de l'étale du poissonnier.
D'une richesse extraordinaire, la mer est le théâtre de comportements surprenants, qui passionnent les scientifiques et en particulier
Martin Wells, auteur de ce livre. Professeur de biologie marine à l'Université de Cambridge, Martin Wells est zoologiste, peintre, plongeur en scaphandre autonome et navigateur. Il définie volontiers et avec un
humour tout anglais son métier de chercheur comme
une forme de voyeurisme, s'immisçant dans les relations les plus intimes entre les individus d'une espèce et même entre espèces.
Son style direct transforme le texte en conversation, certes à sens unique, et pour cause, une conversation tantôt amusante, tantôt grave, durant laquelle le scientifique va partager sa passion pour la nature, celle qui anime les océans,
et établir des ponts entre le monde des abysses et notre civilisation, ses comportements, ses choix. A sa façon, Martin Wells traite le problème de la surpêche, de notre relation à la nature, de la pollution, de la nécessité de sauver la biodiversité,
mais s'interroge aussi sur là où va le monde, et la place de Dieu dans tout cela. Observateur du monde vivant pour le compte de nos sociétés, il défend avec force le statut de chercheur et l'idée que la science pourrait n'avoir comme seul objectif, que d'enrichir le savoir. L'auteur écrit que
« l'idée que la science devrait à tout prix être utile est une des grandes escroqueries de la seconde moitié du XXème siècle, perpétrée par des gouvernements s'apercevant que la science peut parfois coûter excessivement cher », fin de citation.
Et de reconnaître qu'exercer ce métier est une façon de continuer à s'amuser, et que dans son propre cas, à défaut de lui avoir apporté la fortune, cela lui permet de faire des voyages extraordinaires, et de mener les recherches qui l'intéressent. 270 pages consacrés à la vie sous-marine, mais qui finalement nous entraînent à la découverte de nous-même, et de ce microcosme qu'est celui des sciences et de la recherche. 270 pages qui nous permettent aussi de faire connaissance avec leur auteur, Martin Wells,
dont l'humour rivalise d'égal à égal avec la connaissance des espèces qu'il décrit et que nous ignorons bien souvent, soit parce qu'elles nous effraient ou bien parce qu'elles nous dégoûtent. « Des oursins et des hommes, où l'on découvre des liens insoupçonnés entre la mer et nous... », de Martin nWells, proposé en version poche par les « Editions le Pommier », est à nouveau disponible, dans les meilleures librairies.Editions Le Pommier
Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.