L'écureuil gris est un animal très mignon et qui attire immédiatement la sympathie. Ceux qui ont eu la chance de voyager en Amérique du Nord ou en Angleterre ont certainement eu l'occasion de croiser une de ces petites créatures dans un parc, ceux-ci ayant abondamment colonisé les espaces de verdure au sein des villes. Outre un environnement favorable, ils y trouvent une source inépuisable de nourriture, les promeneurs prenant grand plaisir à alimenter ces bestioles très peu farouches, qui n'hésitent pas à venir chercher les amandes et autres douceurs jusque dans les mains des généreux donateurs. |
Autant dire que ces écureuils gris ont vraiment tout compris pour se faire aimer des humains, bien plus que des écureuils roux, tout aussi mignons, mais beaucoup plus sauvages et insaisissables. Tout irait bien dans le meilleur des mondes, si cette espèce n'était pas un danger pour les écosystèmes européens. Originaires d'Amérique du Nord, où leur présence ne pose aucun problème, ils ont été introduits en Angleterre en 1876. Très rapidement, ils ont entrepris de coloniser l'ensemble de ce teritoire. Un débarquement en règle qui a été fatal aux populations indigènes d'écureuils roux, décimées au fil des ans car incapables de lutter à armes égales sur le plan de la compétition alimentaire et victimes de certaines maladies véhiculées par ce lointain cousin d'Amérique. Les écureuils roux n'ont pas été les seuls à pâtir de cette intrusion. On a constaté qu'ils étaient responsables d'importants dégâts au sein de l'écosystème. Friands de céréales, ils causent certains dommages aux cultures, mais ce sont surtout les arbres qui payent un lourd tribut à cette espèce. Ils aiment en effet écorcer ceux-ci, ce qui réduit la valeur marchande des arbres, et sont capables d'aller jusqu'à en couper la cime, interrompant ainsi leur croissance. Leur capital sympathie étant très élevé auprès des citadins, il est difficile de se lancer dans de vastes campagnes d'éradication. Il y a donc peu de chances que cette espèce soit un jour éliminée de Grande Bretagne. Le problème aurait pu rester cantonné à cette immense île, mais depuis 1948, l'écureuil gris a été introduit en Italie, où il a trouvé un terrain propice à son épanouissement. |

Trois colonies distinctes ont été identifiées, dont une dans le Piémont qui connaît un accroissement rapide. Une campagne pour éliminer ces colonies a bien débuté, mais elle a rapidement été interrompue sous la pression des défenseurs des animaux. C'est là un terrible dilemne pour tous les défenseurs de la faune, justement soucieux de ne pas voir massacrer un animal, mais qui doivent néanmoins accepter qu'une nouvelle race peut avoir des conséquences néfastes pour l'ensemble de l'écosystème. Consciente du danger, l'Union européenne a demandé à l'Italie de prendre des mesures pour venir à bout de l'écureuil gris, mais rien de concret n'a encore été mis en place. Il y a donc de fortes chances que ces animaux traversent les Alpes et partent à la conquête du reste de l'Europe, la France pouvant compter plus de deux millions de ces petites créatures d'ici la fin du XXIe siècle. Cela pourrait signifier la fin pure et simple de l'écureuil roux sur notre territoire et provoquer des dommages plus ou moins importants dans les forêts. Reste à savoir si la colonisation en cours pourra être contenue, le seul point positif étant que, pour une fois, la question est déjà au coeur des débats, alors que les problèmes ne sont pas encore d'actualité, tout du moins en France. vincent, pour la Rédaction. |