
3 millions c'est le nombre de spectateurs attendus au Brésil en 2014 pour la prochaine coupe du monde de football.
3 millons de supporters sur un mois.... ce chiffre est considérable si on le compare aux 5 millions et demi de touristes qui ont visité ce pays pendant l'année 2005.
Tous ces touristes sportifs vont bien entendu vouloir se rendre dans les stades, et circuler entre les 12 sites de la compétition.
Un véritable casse tête logistique en perspective pour les organisateurs. A commencer par la question des transports.
Comment acheminer ces foules de spectateurs d'un site à l'autre?
Quels mode de transport choisir dans les villes mais aussi entre les villes?
Et comment ne pas faire exploser le bilan carbone de cet événement?
Urbanistes et spécialistes des transports se sont penchés sur ces questions. Et la réponse tient en trois lettres: BRT. Pour Bus Rapid transit.
Le principe est simple: des bus plus rapides, plus efficaces et plus fréquents que les lignes ordinaires qui atteignent la même fiabilité qu'un métro grâce à un maillage très dense et des voies réservées. Mais qui coûtent moins cher que les transports souterrains et offrent une plus grande flexibilité.
La solution s'est vite imposée dans ce pays considéré comme la nation du bus.
Le projet BRT a d'ailleurs déjà fait ses preuves dans la ville de Curitiba dans l'Etat du Parana, dans le sud du pays.
C'est dans cette métropoles d'1 700 000 habitants que ce système de transport a été mis en place pour la première fois, il y a 20 ans.
Depuis, 1100 bus circulent chaque jour et transportent plus d'un millions de passagers par jour. Ce système permettrait d'économiser 27 millions de trajets individuels en voitures chaque année.
Fort de cette expérience, les organisateurs du mondial 2014 veulent développer des réseaux similaires dans les ville hôtes.
Le gouvernement fédéral et les collectivités locales ont déjà investi 6 milliards et demi de dollars dans des aménagements de trafic urbain. Et ils comptent sur les investisseurs privés pour faire monter ce chiffre.
Au total ce sont près de 500 km de voies qui vont être construits dans les villes... dont 120 rien que pour Rio de Janeiro. Il faut dire que ces travaux s'inscrivent dans le temps et pourront servir pour les JO de 2016 à Rio.
Le mondial serait une opportunité unique pour transformer les réseaux existants en réseaux BRT. Les organisateurs ont par exemple l'objectif de transporter jusqu'à 15.000 passagers, par heure, par ligne et par direction aux heures de pointe.
Le maître mot de ce projet est la durabilité. Et celle-ci passe par des carburants alternatifs au pétrole selon Toni Lindau, directeur du Centre pour les Transports Durable au Brésil.
Aujourd'hui les bus sont encore très polluants car la plupart d'entre eux fonctionnent au diesel, affirme-t-il. Mais le Brésil voudrait profiter de la Coupe du Monde pour améliorer son réseau de bus et développer les carburants plus propres.
Par carburants plus propres, entendez: gaz naturel, hydrogène et bien sûr agro-carburants. Le Brésil est devenu l'un des principaux producteurs d'éthanol issu de la canne à sucre.
Et c'est là l'une des limites de ce projet car les agrocarburants sont malheureusement souvent cultivés aux dépens des produits agricoles destinés à nourrir les populations.
Ce souci des transports propres est désormais partagé par tous les organisateurs de grand événements. Londres a eu la même réflexion pour ses JO 2012. La capitale britannique s'est fixé comme objectif que 100% des spectateurs se rendraient aux compétitions à pieds, en vélo ou en bus.
Curtiba
Le Brésil se prépare pour 2014
Grégory LESCA, pour la Rédaction.