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OGM et démographie mondiale.

SCIENCES ET NATURE
Chronique du 15-11-2006

Par Olivier FRIGOUT
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LA CHRONIQUE
Alors que les anti-OGMs continuent à mener des actions coups de poing, et que la recherche publique française a baissé depuis longtemps les bras dans la course aux brevets engagée il y a plus de 10 ans avec les laboratoires privés, la question de fond reste posée : quelle société voulons-nous pour nos enfants ?

La question des OGMs se pose, non pas en des termes scientifiques ou écologiques, en tout cas lorsqu'elle est traitée dans le cadre d'une application stricte du principe de précaution, mais plutôt en terme de choix de société, en terme de choix démographique.
En effet, les arguments avancés par les anti-OGMs s'appuient sur trois aspects de l'introduction dans le Monde de cette technologie : le problème médical qu'ils poseraient en terme d'allergies, le risque écologique de voir disséminé dans la nature des gènes de résistance à des insectes, des parasites, des maladies, et enfin l'asservissement des agriculteurs dans le monde à une industrie semencière toute puissante.

Le risque allergène est scientifiquement du domaine du fantasme, car il est soumis à deux obligations : l'intrusion d'un gène d'une protéine réputée allergène dans une plante, ce qui n'a aucun sens en terme économique, l'absence d'un contrôle d'allergénicité, ce qui relève de la mise en danger d'autrui. Il est donc évident que le problème OGM ne se pose pas là.

Pour ce qui est du risque écologique, et même si la question de l'interaction entre les plants OGM et les variétés sauvages en champ a un sens, il est subordonné à la législation en vigueur là où l'OGM est mis en culture. Si l'on peut avoir des doutes en Chine par exemple, les mesures de rétention des gènes par ce que l'on appelle la stratégie haute dose refuge(1), couplées à la faiblesse des plants OGM fournis par les semenciers, sont le meilleur garant vis-à-vis de ce risque. En effet, les semences vendues sont des hybrides F1 qui perdent leurs qualités s'ils sont ressemés la saison suivante, obligeant ainsi les agriculteurs à se fournir chaque année.

C'est là que ce situe le troisième argument avancé par les anti-OGMs, qui considèrent que le monde rural est asservi à ces industriels. Mais le problème se situe plutôt au niveau de la législation(2) qui interdit d'utiliser ou de commercialiser des graines issues de sa propre culture. Seules les variétés inscrites au catalogue officiel(3) des semences sont commercialisables.

En fait, le problème OGM se pose en d'autres termes.
Quelle Monde voulons-nous pour nos enfants ? Comment allons-nous régler le problème fondamental qui se pose à l'humanité ? Sa démographie galopante. 6,5 milliards d'habitants aujourd'hui, 9 à 10 milliards en 2050, notre empreinte écologique n'en finit pas de croître, au point que l'on estime qu'il faudra alors 2 planètes Terre pour répondre à nos besoins. Comment allons-nous résoudre cette équation ?



Deux voies s'offrent à nous, si tant est que nous ayons réellement le choix.
Contrôler la natalité à l'échelle mondiale et réduire fortement la consommation dans les pays riches, ou pousser plus avant nos capacités de production en passant, pour l'alimentaire, à une agriculture tout OGM, bien plus performante en terme de rendement ? C'est là que ce trouve la vraie question, et de notre point de vue occidental, il est plus facile moralement de faire le choix de la raison et de la préservation de l'environnement.

Mais comment convaincre alors les peuples qui découvrent l'économie de marchés, le concept de croissance, les technologies nouvelles et l'abondance des biens, qu'ils doivent y renoncer parce que nous n'avons su le faire ?
Tout l'enjeu du siècle qui commence se situe au cœur de cette question qui pourtant est bien souvent éludée.

Photo champ de colza - Olivier FRIGOUT © 2006



(1) La stratégie Haute Dose Refuge
(2) Hold-up légal sur les semences
(3) Kokopelli et le catalogue officiel

                Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.



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simon a écrit le 15-11-2006 : en terme de rendements, il n'est pas vrai que l'agriculture OGM obtient des rendements significativement supérieurs à celui de l'agriculture productiviste conventionnelle. A vrai dire celle là non plus n'obtient pas de bons résultats sur le long terme suite à la destruction des micro organismes du sol par abus d'engrais. Avec une agriculture biologique, biodynamique et utilisant la polyculture (plusieurs variétés sur la meme parcelle) on obtient des rendements quasi égaux voire supérieurs en n'utilisant aucun engrais chimique ni pesticide... A savoir ce que nous voulons ? Moi je veux manger de la nourriture saine et équilibrée, qui permet à toute la planète de vivre...

Cornu a écrit le 21-11-2006 : Les ogm n'augmentent pas les rendements. l'insertion d'un gène supplémentaire "pompe" l'énergie de la plante, et donc fait diminuer les rendements. De plus une plante ogm est fabriquée à partir d'un hybride qui est déjà un peu ancien (la sélection variétale classique allant plus vite que la fabrication d'un ogm; les autorisation de mise sur le marché étant moins longue) Je vous invite à lire ce document pour les aspects sanitaires http://www.natureetprogres.org/communiques/actu75.html

Olivier a écrit le 12-12-2006 : J'indique dans cet article qu'elles sont les deux voies qui s'offrent à nous, sans dire si l'une ou/et l'autre sont réalistes. Cependant, les OGM présentent, dans certaines conditions, une meilleure rentabilité, notamment dans des environnements peu propices à l’agriculture. Mais il est à craindre que l’industrie des semences ne s’intéresse que peu à ces situations particulières. Les hybrides F1 sont utilisés pour toute semence, sélectionnée traditionnellement ou non, car elles empêchent l’autosuffisance des agriculteurs. Quant à l’épuisement des sols, il est effectif, à partir du moment ou aucune rotation n’intervient et que l’on ne considère que des territoires pleinement exploitables auparavant. La question posée reste tout de même : quelle posture face à la croissance démographique? Car ni l'agriculture bio ou biodynamique, ni l'agriculture conventionnel, et vraisemblablement ni l'agriculture génétiquement modifiée, n'apporteront de ressources alimentaires suffisantes à une population qui atteindra 9 à 10 milliards en 2050.


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