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Le lapin, une boule de poils capable de ravager tout un continent - Publiée le 15-12-2007

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LA CHRONIQUE
A première vue, quoi de plus inoffensif qu'un lapin. Ces petites boules de poils sautillantes jouissent d'une bonne réputation dans nos contrées, où l'on prend généralement plaisir à les apercevoir en train de gambader dans les champs. Mais cet animal qui ne fait guère parler de lui en Europe est considéré, à juste titre, comme une véritable calamité par les Australiens. Il faut dire que leur histoire commune n'a rien fait pour qu'il se fasse aimer au pays des kangourous.
Tout a commencé en 1859, lorsque le britannique Thomas Austin importa une douzaine de couples de lapins. Il n'imaginait sans doute pas qu'il venait de mettre en péril l'ensemble de l'écosystème de ce continent. Quelques animaux ne tardèrent pas à prendre la poudre d'escampette, profitant d'un incendie qui ravagea leur enclos. C'est à partir de ce moment que les rongeurs fugueurs firent admirer leurs incroyables capacités reproductrices.

Colonisant le pays à la vitesse extraordinaire de 110 kilomètres par an, les lapins commencèrent à tout ravager sur leur passage. Dix d'entre eux mangeant autant qu'un mouton, la végétation paya au prix fort cette invasion venue du vieux continent. Récoltes, arbustes, pousses de jeunes arbres, rien ne leur résista et c'est une véritable catastrophe écologique et économique qui s'est abattue sur l'Australie. Les populations d'animaux indigènes voyèrent ainsi leur nourriture disparaître à vitesse grand V et ne tardèrent pas à connaître une réduction plus que conséquente de leurs effectifs.




Face à cette calamité, le gouvernement australien ne tarda pas à réagir, au tout du moins à essayer. Campagnes de chasses intensives, utilisation massives de pièges et de poison se révélèrent innefficaces. En 1901, il fut alors décidé de construire une gigantesque barrière pour tenter d'empêcher l'invasion des rongeurs de se répandre sur l'ensemble du continent et notamment d'atteindre les terres cultivées de l'Australie occidentale. Cette barrière mesurait près de 2 000 kilomètres de long, mais avant qu'elle soit achevée les lapins étaient déjà passés de l'autre côté.


D'autres barrières furent mises en place, pour un total de 3 000 kilomètres de murailles artificielles, mais rien n'arrêta la déferlante à quatre pattes.

Des renards furent introduits pour dévorer les lapins, mais ils mangèrent de préférence les petits marsupiaux qui étaient déjà en bien mauvaise posture et n'avaient pas besoin de ça. En 1950, c'est l'arme virale qui fut utilisée, les Australiens répandant le virus de la myxomatose pour venir à bout de lapins qui étaient alors près d'un milliard sur le continent. 80 à 90% d'entre eux moururent dans les années qui suivirent, avant que les survivants ne deviennent résistants et ne reprennent leur oeuvre de destruction. Un autre virus fut répandu en 1995, soi diant de façon accidentelle. Puis, les autorités se penchèrent sur l'utilisation d'un virus contraceptif destiné à réduire à néant les capacités reproductrices des lapins, le danger étant qu'un de ces virus ne mute un jour et provoque plus de dégâts que les lapins eux-mêmes. La lutte n'a néanmoins pas été vaine, le nombre de rongeurs étant actuellement estimé à environ deux cent milions, mais nul doute que le combat n'est pas terminé, preuve que le moindre événement incontrôlé peut mettre en péril un écosystème entier. Une leçon qui n'a malheureusement pas été bien retenue par des humains ne cessant de mettre en péril la nature.

                vincent, pour la Rédaction.


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