CASTOR CLE VOUTE

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LE CASTOR EUROPEEN

PLANETE ANIMALE
Chronique du 15-12-2011

Par Marine Revenusso
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LA CHRONIQUE
LE CASTOR : CLE DE VOÛTE DE L'ECOSYSTEME DES ZONES HUMIDES

Autrefois, appelé « Bièvre », le castor est le plus grand rongeur aquatique en Europe (1m20 pour un poids d'environ 20kg). Il vit dans les cours d'eau, les rivières les étangs, partout où les conditions nécessaires à sa survie sont réunies. Des endroits où les réserves d'eau sont permanentes, avec des pentes au dessous de 1%, où la terre des berges est meuble, et où les plantes herbacées (les reines des prés, ou l'angélique) ainsi que des arbres à bois tendres (le saule, le noisetier ou le boulot) sont en abondance. Ce mammifère est végétarien sa nourriture est composée de feuilles, d'écorces, de fruits et de plantes aquatiques), et caecotrophe, c'est-à-dire qu'il digère deux fois sa nourriture en ingérant ses excréments mous. L'entrée de son gîte est toujours immergée.
Le castor européen est nocturne et en partie crépusculaire. Sa queue plate à plusieurs fonctions. Elle peut lui servir de gouvernail quand il nage, mais aussi à avertir ses semblables d'un danger, en donnant un vigoureux et sonore coup de queue sur la surface de l'eau.
Le castor structure bien son écosystème, et il est considéré comme un précieux auxiliaire des hommes pour restaurer et maintenir un bon état écologique des terrains détériorés par les activités humaines, pour une bonne gestion des cours d'eau, ainsi que pour gérer les espaces verts des berges. C'est un véritable ingénieur de la nature qui maîtrise tous les travaux hydrauliques. Il contribue aussi à la diversification de l'habitat. Il entretient et recrée des zones humides, en inondant certains terrains. Ses agissements sont aussi des facteurs de développement de la faune (libellules/Batraciens/poissons...) et de la flore.
Mais il est aussi accusé d'occasionner des dégâts aux cultures d'arbres fruitiers et d'agréments, de provoquer des inondations dues à ses barrages, mais tous ces désagréments peuvent trouver des solutions. Le castor reste une espèce dite « clé de voûte ». Il a un rôle semblable à une clé de voûte, c'est-à-dire que lorsqu'elle disparaît, c'est tout un système qui s'effondre. En l'occurence, si le castor disparaissait totalement, ce serait tout l'écosystème qui subirait de graves conséquences.
Cet animal a bien failli être exterminé. Il a été chassé sans répit, pour sa fourrure, sa chair, mais aussi pour le « castoréum ». Le castoréum est une substance huileuse produite par ses glandes sexuelles situées sous la queue. Ce liquide visqueux à plusieurs fonctions d'une part, il imperméabilise son pelage, et d'autre part le castor s'en sert pour délimiter son territoire. Malheureusement le castoréum est une des matières premières utilisée en parfumerie avec le musc, ambre gris, cire d'abeilles et civette. Pour l'obtenir on doit tuer l'animal. De nos jours, il existe un équivalent synthétique. Mais en Amérique du Nord des centaines de milliers de castors sont toujours tués pour cette substance, sa fourrure, et sa chair consommée par les communautés rurales indigènes.
En France, en Belgique et en Suisse, le castor fiber est strictement protégé (Convention de BERNE -annexe 3), et les populations se reconstruisent peu à peu grâce aux réintroductions. Mais les efforts doivent se poursuivre car dans certaines régions il est encore totalement absent, et beaucoup de menaces pèsent encore sur lui. Sa ressemblance avec le ragondin et le rat musqué introduit volontairement pour sa fourrure qui devait remplacer celle du castor, lui ont porté un sérieux préjudice, car ses espèces invasives considérées comme nuisibles peuvent être légalement piégées, empoisonnées, éliminées par des anticoagulants.
Il faut compter aussi avec la destruction de son habitat, les barrages hydroélectriques incontournables et infranchissables, l'urbanisation des berges, les routes coupant les cours d'eau sont responsables de nombreux écrasements, et le risque d'introduction malencontreuse du castor canadien (castor canadensis). Même avec les lois existantes le protégeant, tous ces facteurs risquent d'amener le castor européen à sa perte.
Les études montrent bien que toutes ces espèces invasives et nuisibles, ne le sont pas toujours dans leurs pays d'origine. Introduites volontairement dans un pays où elles n'ont rien à faire, elles sont responsables des déséquilibres des écosystèmes. Mais une fois de plus, il est désolant de constater que c'est l'homme qui en est responsable.

                Marine Revenusso, pour la Rédaction.



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