
Chaque année c'est le même cas de conscience pour ceux qui veulent partir en voyage tout en voulant protéger la planète.
Faut-il ou non prendre l'avion? Est-on vraiment un monstre pour l'environnement si on préfère arriver à destination en 3 ou 4 heures de vol plutôt qu'en 20h de bateau ou trois jours de voiture?
Pour se faire son avis, l'écolo voyageur pourra consulter le
classement des compagnies aériennes réalisé par l'ONG allemande
Atmosfair.
Une organisation de lutte contre les changements climatiques fondée en 2004 à partir d'un programme de recherche du ministère allemand de l'environnement.
Cette ONG a donc passé au crible plus d'une centaine de compagnies aériennes sur tous les continents en fonction de leurs impact climatique. Elle n'a pas inclus dans son étude les low-cost pour des raisons de méthodologie.
Pour ce calcul, elle a pris en compte les émissions de CO2 des moteurs, l'ancienneté des appareils, le taux d'occupation des sièges ou encore l'efficacité des liaisons entre les villes.
Les compagnies sont notées de 1 à 100 et sont réparties en catégories comme pour les appareils électroménagers de A, les moins polluantes à G, les plus émettrices de CO2. Aucune des compagnies testées ne figure dans les catégories A et B.
Les résultats sont présentés en fonction de la distance: les vols de moins de 800 km, les liaisons entre 800 et 3800 km et les longs courriers.
Ainsi pour les petites distances c'est la compagnie espagnol
Air Europa qui réalise le meilleur score.
Air France est 32e,
Lufthansa 79e et en queue de peloton on retrouve l'asiatique
Cathay Pacific Airways.
Pour les moyennes distances, c'est la compagnie britannique
Monarch Airlines qui remporte la palme. Celle-ci assure uniquement des vols charter à destination de l'Espagne.
Air France se situe à la 9e place.
Et puis pour les longues distances, la canadienne
Air Transat ou
Alaska Airlines arrivent en tête.
Air France reste dans la première moitié du tableau à la 38e place.
Malaysian airlines ou
Shanghai Airlines par contre affichent un bilan désastreux.
Alors que faut-il retenir de ce classement?
D'abord que c'est un bon indicateur pour les compagnies elles-mêmes. Atmosfair émet une série de recommandations pour améliorer les performances.
Et plus que la qualité des moteurs ou l'aérodynamisme des ailes, c'est sur l'occupation de l'appareil que la marge de progression est la plus grande.
Atmosfair conseille aussi aux compagnies de moderniser leur flotte, car plus les appareils sont récents moindre est l'impact environnemental. Malheureusement cette idée ne prend pas en compte le coût énergétique et environnemental de la fabrication d'un nouvel avion ni celui de la mise au rebut des vieux appareils.
Ensuite pour les voyageurs, il ne s'agit pas de prendre cette étude au pied de la lettre et de réserver à tous prix ses vols avec les compagnies en haut de classement. Mais c'est un bon outils pour connaître l'impact environnemental de la compagnie avec laquelle vous voyagez.
Reste que le moins polluant des voyages est celui qu'on ne fait pas. Et si l'on ne veut pas se priver, il est alors possible de compenser ses émissions. La compensation n'est jamais complète mais elle permet au moins de prendre conscience de ce que l'on consomme.
Grégory LESCA, pour la Rédaction.