Le rendez vous est pris. Le 30 mai prochain se tiendra à Saix près de Castres dans le Tarn, le colloque de l'IDRR, (Institut de développement des ressources renouvelables). A cette occasion, architectes, médecins, experts en environnement, maîtres d'ouvrage, élus et sociologues, vont pouvoir échanger leurs expériences, et faire le point sur l'influence de l'utilisation courante de tels ou tels matériaux de construction sur l'environnement et sur la santé. |
Une manifestation qui entre dans le cadre des premiers bilans du PNSE, (plan national santé environnement). Lancé sur 5 ans en juin 2004, le PNSE a pour objectif d'évaluer d'une façon générale mais de la manière la plus précise possible, et en huit axes, (réductions des émanations de monoxyde de carbone, lutte contre la légionellose, baisse de la pollution atmosphérique industrielle et automobile, lutte contre les maladies respiratoires, cardio-vasculaires ou allergiques…), l'impact sanitaire qu'a notre environnement sur notre santé. L'étude de certains matériaux et produits chimiques de construction fait donc partie du programme. Même si beaucoup de mesures ont déjà été prises dans ce domaine, les constituants de bâtiments, les équipements, et autres appareils à combustion sont, et c'est aujourd'hui une certitude, la cause d'un trop grand nombre de pathologies plus ou moins graves dans notre pays…L'enjeu est de taille lorsque l'on évalue que les citadins passent plus de 80 pour cent de leur temps dans un endroit clos, au travail ou à la maison. La réunion du 30 mai devrait aussi permettre de lister les maladies pathogènes émergentes, de faire des propositions mieux adaptées à la situation réglementaire actuelle, et d'analyser les activités humaines dans le secteur du BTP. D'ici 2010, la moitié des matériaux et produits de construction devraient ainsi voir leurs caractéristiques sanitaires et environnementales affichées. C'est en tout cas un des nombreux objectifs du plan. Car ce n'est pas le seul. Alors que l'on évalue à plus de 30 000 par an* le nombre de décès anticipés liés à la pollution atmosphérique urbaine, que les maladies allergiques respiratoires ont doublé depuis 20 ans, ( un enfant sur sept en Europe), et que plus d'un million de salariés est exposé à des substances toxiques, voir cancérigènes, sur son lieu de travail, les experts indépendants du PNSE se doivent de passer au crible les "contaminants" dans leur ensemble. |

Les pollutions "classiques", (air, eau, sols) ne sont pas les seuls facteurs qui aggravent notre environnement, loin de là. Le bruit et l'insalubrité font désormais l'objet en France d'études scientifiques précises, comme c'était déjà le cas dans d'autres pays d'Europe, (Allemagne, Pays-Bas, Danemark…) La conclusion des spécialistes est limpide et claire : « pour anticiper les risques, il faut les connaître, et donc les évaluer… » Parmi les temps forts du colloque du 30 mai, une large part de la journée devrait être consacrée à la "Prévention", au contrôle, à l'information du public, et à la formation des professionnels du secteur du bâtiment, ce qui est une nouveauté. La manifestation de ce 30 mai est de bonne augure, quand toutes les enquêtes d'opinion montrent que le citoyen est de plus en plus sensible et préoccupé par les menaces liées à son environnement. Le colloque de l'IDRR sera sans doute aussi l'occasion de rappeler aux pouvoirs publics, (Ministère de la santé, de l'Ecologie, de l'Emploi et de la Cohésion sociale), que le PNSE ne prends pas en compte à ce jour, les problématiques environnementales liées aux accidents domestiques, au terrorisme, (attaque biologique), aux catastrophes naturelles liées au réchauffement de la terre, à la contamination alimentaire lors des processus de préparation, (prion, OGM), ou encore au stress au travail. Fabrice Hubert * Source OMS 1996 Infos et programme : www.sante.gouv.fr Site du ministère de la santé. Le programme du colloque Site officiel du colloque fabrice, pour la Rédaction. |