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Les algues brunes influencent le climat côtier. - Publiée le 16-05-2008

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LA CHRONIQUE
Une étude internationale [1] à laquelle a participé Philippe Potin, chercheur au laboratoire « végétaux marins et biomolécules » [2], a mis en évidence que les grandes algues brunes laminaires stockent l'iode sous la forme d'un simple ion négatif : l'ion iodure.
Libéré par l'algue en cas de stress, l'ion iodure agit comme un agent anti-oxydant et protège l'algue de dommages cellulaires. Mais oxydé par la suite sous forme d'iode moléculaire, il participerait à la formation de nuages et influencerait ainsi le climat côtier.

Les grandes algues brunes laminaires sont connues pour être les accumulateurs d'iode les plus performants dans la nature, et ont longtemps été l'unique source de la teinture d'iode, un antiseptique largement utilisé. Mais la forme chimique et le rôle biologique de l'iode restaient un mystère.

Le mécanisme est donc dévoilé par cette étude. Lorsque les algues sont stressées, soit parce qu'elles sont exposées au soleil et à la déshydratation à marée basse, ou qu'elles subissent une attaque par des pathogènes comme les bactéries, les virus ou les champignons, elles génèrent des radicaux libres susceptibles de causer des dommages cellulaires. Pour contrecarrer cet effet négatif de leur stress oxydant, les algues relâchent rapidement des ions iodures qui vont détoxifier le milieu en ozone et autres radicaux libres, se protégeant ainsi du vieillissement cellulaire qu'ils induisent. Ces réactions chimiques contribuent alors à la formation d'iode moléculaire gazeux qui, libéré dans l'air, va participer à la condensation des molécules d'eau et donc à la formation de nuages.

Des nuages qui vont contribuer à réduire l'ensoleillement et l'effet de déshydratation à l'origine du stress, ce qui relève peut-être du hasard mais tombe à point nommé.

Plus largement, ces mécanismes originaux impliqués dans la protection des grandes algues brunes contre le stress jouent donc un rôle essentiel dans le cycle bio-géochimique de l'iode sur Terre et dans la destruction de l'ozone dans la basse atmosphère.

Un élément particulièrement positif pour notre environnement puisque l'ozone troposphérique [3], produit principalement par les transports et l'activité industrielle est particulièrement nocif pour la santé humaine, animale et végétale.

Voilà en tout cas une bonne raison de plus d'aller prendre un bol d'air sur nos côtes, la bonne réputation de l'air marin dans le traitement des maladies respiratoires trouvant ici une justification inattendue.


[1] Cette étude interdisciplinaire, rassemble des contributions du CNRS, du Royaume-Uni, des Pays-Bas, d'Allemagne, de Suisse, des USA et de l'EMBL (European Molecular Biology Laboratory).

[2] CNRS/Université Paris 6

[3] L’ozone troposphérique est celui présent dans la couche d’air atmosphérique dans laquelle nous évoluons, soit une dizaine de km d’épaisseur.
Sources : CNRS PRESSE

                olivier, pour la Rédaction.


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