Du pétrole à tout prix… Telle pourrait être la devise des compagnies pétrolières qui font du nord du Canada, un nouvel Eldorado. Face à la flambée du prix du baril, le deuxième gisement pétrolier du monde, après l'Arabie Saoudite, est devenu rentable, malgré les énormes rejets en CO2 que son exploitation représente. |
Car en effet, le pétrole canadien de l'Alberta est sale, (pour peu que le pétrole propre existe !) Sa production coûte cher, car mêlé au sable, le précieux quidam revient à 15 ou 20 dollars le baril, contre 5 dans les émirats. On le trouve dans les sables bitumeux du pays. L'équivalent de 173 milliards de barils sont exploitables , (il faut 2 tonnes de sable pour 159 litres de brut, soit un baril), mais cette extraction coûteuse se traduit aussi et surtout par la coupe massive de nombreux arbres et la pollution des rivières environnantes…Depuis 6 ans maintenant, camions bennes se relaient nuit et jour pour transporter puis extraire le pétrole, à raison de 400 tonnes par jour . Il faut en effet filtrer le brut se trouvant dans le sable et pour cela il faut de l'eau. La production de fioul lourd dans l'Alberta pompe à elle seule plus d'eau que celle du pétrole conventionnel. Les eaux polluées par l'exploitation sont déversées en rivière ou évacués vers le grands lacs artificiels pour stagner. Selon les spécialistes, produire plus proprement se traduirait par un surcoût de 12 dollars par baril. Quant aux indiens de la région les « Cree », inutile de dire à quel point ils subissent les incidences du voisinage (pas moins de 20 compagnies pétrolières), faisant les frais au quotidien d'un taux élevé de leucémies et rencontrant des difficultés liées à des déficiences immunitaires…A leur demande, le gouvernement vient de demander une enquête sur la santé publique de ces populations. |
Responsables de 4 pour cent des émissions de CO2 dans le pays, les sables bitumeux mélangés à l'or noir, ne permettront pas au Canada de respecter les accords de Kyoto. Mais ils rapportent à l'Etat et sont générateur d'emplois, (275 000 emplois induits). A quand le moratoire ? Des démarches ont été faites en ce sens par plusieurs ONG afin de demander un ralentissement de la production. Fabrice HUBERT Economie et environnement Source : Le Nouvel Obs', 5-11 juin 2008- NT, DN
fabrice, pour la Rédaction. |