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RAONI, Mémoires d'un Chef indien - Raoni / Dutilleux - Editions du Rocher

NATURE LITTERAIRE
Chronique du 16-06-2010

Par Olivier FRIGOUT
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LA CHRONIQUE
En 1973, Jean-Pierre Dutilleux entre dans un village indien en plein coeur de l'Amazonie avec une caméra bricolée comme seul bagage. Il y fait une rencontre qui bouleversa sa vie, le cacique Raoni, chef des féroces indiens Kayapos. De cette rencontre naîtra une quête commune et obstinée : sauver à la fois les forêts d'Amazonie et les coutumes ancestrales d'une civilisation vieille comme le Monde. Une quête, que Raoni et Jean-Pierre Dutilleux poursuivent toujours, à l'heure où le Monde regarde vers les pôles qui fondent et où un projet fou menace de nouveau ces terres sacrées, mais j'y reviendrai.

En 2009, Jean-Pierre Dutilleux retourne au Brésil pour proposer à Raoni d'écrire ses mémoires. Mais les indiens sont mécontents, ils ont le sentiment que leur cause est passée au second plan, et que leur rêve de voir définitivement protégées leurs terres ne se réalisera pas, faute de moyens. Ils obtiennent de celui qu'ils appellent Kritako, en échange de la disponibilité de Raoni pour ce projet de livre, qu'il tente de sensibiliser à nouveau le Monde lors d'une ultime tournée mondiale.

A soixante-quinze ans, le vieux chef indien reprend son bâton de pèlerin pour sauver sa forêt, son fleuve, son peuple et son Histoire, des ravages de la mondialisation et de l'uniformisation. Le périple va commencer par un voyage dans le passé, pour écrire « RAONI », Mémoires d'un chef indien. Plusieurs mois de travail qui aboutissent à un choc culturel, une prise de conscience, un bouleversement pour tous ceux, comme moi, qui ignorent tout de ces peuples indigènes, de leurs coutumes, de leurs préoccupations, mais aussi de leur férocité et de leur détermination.

Raoni s'y exprime librement, choisissant lui-même le cheminement qui nous conduit de ses souvenirs d'enfance à aujourd'hui. Et le récit est à la hauteur des craintes qu'ont longtemps inspirés ces guerriers qualifiés de féroces. Dans un contexte de tension généré par l'homme blanc, les guerres tribales ont longtemps fait rage. On découvre comment Raoni a su mettre un terme à ces violences, jusqu'à empêcher ses guerriers de tuer les blancs qui s'introduisaient illégalement sur leurs terres, devenant ainsi l'interlocuteur privilégié des autorités et parlant d'égal à égal avec les chefs d'état. Un statut qui a permis au Chef Raoni de préserver autant que possible les territoires des différentes tribus, mais l'oeuvre ne sera achevée que lorsque ces réserves indiennes seront définitivement hors d'atteinte des exploitants de bois, des chercheurs d'or, des éleveurs et de l'agrobusiness. Pour cela, il souhaite créer l'Institut Raoni qui aura pour vocation de préserver la forêt et la culture indienne, mais aussi de favoriser l'accès à l'éducation et à la santé de ces peuples souvent victimes de maladies apportées par les blancs.

Mais un péril plus grand s'est récemment fait jour et menace directement le territoire des Kayapos. Le Brésil s'apprête à construire le troisième plus grand barrage hydroélectrique du monde sur le Xingu, le fleuve qui irrigue et traverse leur réserve.

Soutenu par le Président Lula, qui se dit pourtant préoccupé par le sort des indiens, ce projet vient d'obtenir de la justice fédérale brésilienne un feu vert pour sa construction, en dépit des conséquences dramatiques qu'il aura sur les indigènes.
Une position ambiguë du Président brésilien qui explique peut-être pourquoi Nicolas Sarkozy, qui le lui avait pourtant promis à Brasilia en novembre 2009[1], n'a pas reçu Raoni à l'Elysée pour lui redire son soutien.

Si vous souhaitez soutenir le Chef Raoni et les représentants des peuples indigènes du Xingù contre le projet de barrage Belo Monte, vous pouvez signer la pétition en ligne sur www.raoni.fr

Raoni, Mémoires d'un chef indien, aux éditions du Rocher, est disponible dans les meilleures librairie.

[1] La rencontre de Raoni et Nicolas Sarkozy à Brasilia

                Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.



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Jeff a écrit le 17-06-2010 : Il faut se mobiliser pour aider les peuples indigènes du Xingu en signant la pétition contre ce foutu barrage. Merci à Fréquence Terre de participer à l'information sur ce thème si peu relayé par les médias.

Raphaël Zacharie de IZARRA a écrit le 31-10-2011 : CONTRE LE DISCOURS ÉMOTIONNEL DE RAONI ET SES ADEPTES ! Pure démagogie ! Les choses ne sont pas aussi simplistes que ça ! Le problème présenté de façon manichéenne, émotionnelle, irrationnelle est beaucoup plus complexe en réalité. Et les livres que Raoni veut nous vendre ils ont bien été fabriqués avec des arbres non ? Cette manière partisane, unilatérale et hystérique de procéder dans la démarche des défenseurs de Raoni est malhonnête, sotte et immorale. Les pro-forêts sont bien contents de profiter de l'électricité propre produite par les barrages ! Ces ennemis de notre civilisation préfèreraient peut-être que l’on produise de l'électricité à partir de matières fossiles polluantes ? Raoni ne détient pas la vérité sous prétexte qu'il fait partie d'une minorité et qu'il prône un mode de vie "écologique", exotique, prétendument sain vu depuis nos salons parisiens... Sa sagesse n'est pas plus profonde ni belle que celle de notre siècle lumineux, quoi qu'on dise. Permettez que je défende la Civilisation et ses bienfaits au lieu des intérêts limités d'une minorité à vue brève. Ne cédons pas face à la dictature et au chantage d'une minorité ethnique n’ayant pas toutes les données d'une affaire dépassant ses minuscules frontières politiques et psychologiques ! Les arguments de Raoni sont certes plaisants aux yeux des (faux) humanistes mais objectivement restent étroits, égoïstes, ethnocentriques. La vérité n'est pas nécessairement du côté des rebelles minoritaires. Sacrifier les intérêts de la majorité (c’est à dire les nôtres) pour préserver ceux d’une minorité, cela ne s’appelle pas de la démocratie mais de la tyrannie ! Raphaël Zacharie de IZARRA


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