Les masses d'eau que constituent les océans et qui représentent 70 % de la surface du globe, jouent un rôle fondamental dans le fonctionnement du climat mondial. Ces masses d'eau stockent le gaz carbonique et propagent la chaleur de l'atmosphère, d'un hémisphère à l'autre, via les nombreux courants marins qui les parcourent. Au delà du risque de montée du niveau des mers, c'est bien le bouleversement du climat qui est en jeu. |
Pour mieux évaluer ce bouleversement, un nouvel outil de mesure vient d'être mis en place dans le cadre du programme « observatoire de l'océan » à l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer que vous connaissez mieux sous le sigle Ifremer. Cet outil est un réseau de bouées capables de mesurer en continue, de façon globale et en temps réel, la température et la salinité des océans, de la surface jusqu'à 2.000 m de profondeur. Ces paramètres sont essentiels pour mesurer finement les courants marins et le rôle qu'ils jouent, mais aussi pour évaluer leur évolution dans le temps. Jusqu'alors, ces paramètres étaient collectés par des navires de recherche, à raison de 5000 mesures par an [1]. Dorénavant, ce sont 100.000 profils de température et de salinité qui seront fournis par ces bouées, dont la dernière a été lancée il y a quelques jours, soit 20 fois plus qu'auparavant. Ainsi, un réseau de 3000 flotteurs permet aux scientifiques de suivre l'évolution des océans, y compris dans les zones non accessibles aux navires en hiver. Comment fonctionnent-t-ils ? Les flotteurs d'Argo sont programmés à l'avance pour enchaîner des cycles de 10 jours à la surface et en profondeur, pendant plusieurs années. Chaque cycle comprend une descente jusqu'à 1.000 m de profondeur, suivi d'une dérive au gré des courants avec une plongée jusqu'à 2.000 m. Ensuite, le flotteur remonte vers la surface où il transmet ses données avant d'entamer un nouveau cycle. Déjà, ce réseau a permis d'affiner considérablement les estimations du stockage de chaleur par les océans. |

Ce programme ambitieux est le résultat de la coopération internationale de 30 pays dont la France, il transmet ses données à deux centres mondiaux, dont Coriolis, abrité par l'Ifremer à Brest. [2] Des données qui devraient permettre une meilleure évaluation des changements en cours, tant il opère sur une très grande échelle et pour une longue durée. Ainsi, elles permettront d'estimer l'ampleur du réchauffement climatique et de mieux comprendre les mécanismes de la hausse du niveau moyen des mers provoquée par la seule dilatation thermique de l'eau. Notons que l'évolution de ces courants marins touche d'autres équilibres. Citons la disponibilité des ressources alimentaires de la faune marine, dépendante de ces courants et de leurs cycles. Espérons que les résultats que ce programme de recherche apportera, permettront d'obtenir enfin un consensus politique à l'échelle mondiale, dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, et des multiples conséquences qu'il ne manquera pas de produire. [1] Ces données étaient complétés par les observations de satellites franco-américains comme Topex-Poséidon, lancé en 1992, puis son successeur Jason. [2] Il vient compléter les autres outils du système global d'observation des océans placé sous la coordination de la Commission Océanographique Intergouvernementale de l'UNESCO (COI) et de l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Sources : Yahoo informations Sources illustrations : pac.dfo-mpo.gc.ca olivier, pour la Rédaction. |