Et si la lutte pour la protection du climat pouvait se faire grâce à nos ordinateurs…
C'est en tout cas l'idée des «
smart work centers », qui proposent une solution pour protéger en partie le climat en partant du constant suivant : Si nos villes consomment aujourd'hui 80% de l'énergie mondiale et produisent 75 % de nos gaz à effet de serre, il doit être possible de mettre en place grâce à l'outil informatique, des solutions limitant ce constat. Comment ? En travaillant sur la notion du télétravail et la promotion de ce que l'on peut déjà nommer, le «
travail connecté et durable ». Cette idée fait l'objet d'un programme très sérieux baptisé « Connected Urban Developement » et qui vient d'être mis en place aux Pays-Bas.
Le principe de ces lieux de travail « intelligents » se résume à tout mettre en œuvre pour réduire au maximum les déplacements des salariés urbains, pour qu'ils se rendent d'abord au travail, mais aussi dans l'exercice de leur fonction. Embouteillage et déplacements génèrent obligatoirement beaucoup de co2. Ce n'est pas un hasard si ce projet se développe aux Pays-Bas, le maire de la capitale néerlandaise s'étant fixé pour objectif d'être neutre en carbone dès 2015 à Amsterdam.
Le programme « Connected Urban Developement », fonctionne sur la base d'un partenariat public-privé, collectivités et entreprises. Par exemple, San Francisco a vu naître le projet « Connected Bus » par le biais de la mise en service d'un bus d'une nouvelle génération, équipé d'un moteur hybride mi-électrique, mi-diesel, du Wi-Fi et d'un système GPS permettant d'éviter les itinéraires encombrés. Résultats immédiats,
moins 95 % d'émissions de particules polluantes par rapport aux bus traditionnels, et 30% les gaz à effet de serre en moins. IL est sûr qu'un tel projet demande une vraie volonté de la part de tous les acteurs, notamment en équipant les entreprises pour offrir sur place suffisamment de services et de technologies au personnel pour qu'il puisse sans se priver, passer sa journée de travail sans avoir à se déplacer pour faire ce qu'il a à faire. Réunions virtuelles, service de restauration haut de gamme, banques, espaces de repos et même garderies d'enfants se trouvent ainsi mises à disposition du personnel, le tout rendu facile d'accès par les transports publics et le réseau autoroutier.
Pour les spécialistes, « l'étendue de ces principes de travail intelligent signifierait moins d'énergie dépensée, moins de temps perdu et un meilleur équilibre travail-vie privée. » Alors, "tout bénéf ?" Oui mais...
Pour autant, il ne s'agit pas de couper les salariés du monde, les professionnels de santé rappelant « qu'il faut s'interroger sur les impacts sociaux qu'une telle organisation du travail suppose. Outre la démocratisation des systèmes actuels de visioconférences aux nombreux avantages pour des réunions ou des conférences, le fait de ne plus avoir, ou peu, de rapports directs avec ses collaborateurs peut avoir des conséquences importantes, tant pour les employés que pour les organisations qui utiliseraient ces centres intelligents. La machine ne remplace pas encore le contact humain physique...
sources : Novethic, S.D, décembre 2008
Fabrice HUBERT, pour la Rédaction.