
D'Eugène Le Roy, auteur du roman «
Jacquou le Croquant » : «
Lorsque les gens réveillés par les cloches voyaient que c'était le château de l'Herm qui brûlait, ils ne se dérangeaient pas, disant : « Cela n'est pas un grand malheur ! » Et, s'il en venait quelques-uns, c'était par curiosité. »
Tout ce roman semble résumé en ces quelques lignes.
La Dordogne dépeinte par l'auteur, est celle de la France «
sous-développée » du début du XIXe siècle. Sous-développée – pas pour tout le monde ! – jusqu'au moment où la révolte gronda, surtout la révolte paysanne, celle des «
Croquants », celle de Jacquou :
«
Ma mère se mettait une châtaigne sèche, toute crue, dans la bouche, pour faire de la salive, et filait ainsi du matin au soir, gagnant à peu près trois sous par jour : il n'y avait pas pour manger notre aise de pain. »
Un Jacquou qui rejoint une tradition récente : «
celle des brûleurs de châteaux de la Révolution française et des émeutiers anti-châtelains du XIXe siècle. »
Métayer, fils de métayer, son adversaire, son ennemi, c'est le grand propriétaire, le noble, le maître du gibier, de la forêt, de la terre, celui qui possède même le droit de cuissage et celui d'humilier cruellement les modestes et les pauvres.
«
Mort aux Nobles, donc ! Non violente. Douce. Mais mort quand même. »
Roman réaliste, récit naturaliste, littérature pédagogique, fiction au service de la mémoire collective, roman militant, conte politique…, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire cette œuvre articulée autour de la revendication de justice sociale et du souffle immense de l'épopée révolutionnaire paysanne.
C'est, donc, avec une certaine émotion – du moins, pour ceux que ce combat social n'est pas indifférent – que l'on peut découvrir divers endroits où Jacquou a vécu et lutté, dont le Château de l'Herm.
«
Construit à la fin du XVe siècle, le château sera abandonné suite à de nombreux crimes. Plus tard, Eugène Le Roy y placera le décor de son roman « Jacquou le Croquant », adapté à la télévision en 1969 et au cinéma par Laurent Boutonnat en 2007.
Ce lieu romantique « à cœur ouvert » s'ouvre à vous par une découverte inoubliable, il vous séduira par son authenticité.
Aujourd'hui, ce site revit grâce aux travaux de protection entrepris, aux recherches historiques et archéologiques et aux concerts qui animent le lieu l'été. »
Ajoutons-y du théâtre avec Labiche, Molière, Victor Hugo…, que le château est du style gothique flamboyant, qu'il fut érigé entre 1490 et 1520, que ses murs sont épais de plusieurs mètres, qu'une tour renferme un escalier à vis, que la campagne de fouilles de 2001 à 2006 a mis au jour des fours à pain des XVe et XVIe siècles, la chapelle seigneuriale du XVIIIe siècle, des latrines, des céramiques, des verres, des monnaies…
Pierre Guelff, auteur de « France Mystérieuse, insolite et sacrée » (Groupe Editions Jourdan-L'Arbre).
En savoir plus...
En savoir plus...
En savoir plus...
Pierre GUELFF, pour la Rédaction.