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La France et sa faune sauvage - L'Ours dans les Pyrénées - Publiée le 17-04-2006
PODCAST/RSS SCIENCES ET NATURE
LA CHRONIQUE
Est-il possible de sauver la faune sauvage ? Au regard des réactions qu'a provoquées l'annonce de réintroduction de 5 ours slovènes dans les Pyrénées, la réponse semble être non.
L'état des lieux est dramatique. Il ne reste quasiment plus de zones complètement sauvages sur Terre, la faune est la plupart du temps parquée dans des réserves devenues des sanctuaires et peut-être bientôt le lieu de son extinction.
Face à cette triste réalité, les occidentaux prônent des mesures de protection, entendent apprendre aux populations autochtones à cohabiter avec les lions, les tigres, les éléphants et autres rhinocéros. Or ces populations se sentent légitiment en danger lorsqu'elles croisent leur chemin, et leur disputent points d'eau et terres arables pour se nourrir. Le fait est que cette faune doit être préservée et que les actions éducatives et économiques entreprises sont légitimes.
Mais pourquoi ce que nous imposons aux autres au sacro-saint nom de la préservation de la biodiversité, sommes-nous incapables de nous l'imposer pour sauver ou restaurer notre faune sauvage ?
Capables de mener des actions violentes comme le 1er avril dernier à Arbas, les éleveurs ou plutôt certains éleveurs français s'opposent catégoriquement à la présence d'ours dans leurs montagnes.
Contrairement aux éleveurs espagnols et italiens, qui ont recruté des bergers et utilisent des chiens Patou pour protéger les troupeaux, ils refusent les mesures de protection proposées par l'Etat.
Pire, selon le Rapport d'activité des Techniciens Pastoraux Itinérants, je cite : «
certains éleveurs appuyés par des élus locaux s'évertuent à saborder toute tentative de cohabitation. On constate des menaces non dissimulées à l'encontre des éleveurs qui seraient prêts à mettre des mesures de protection en place
» fin de citation, il semble que la lutte contre l'ours soit le fait d'une minorité.
En 2005, 78 ovins étaient tués lors d'attaque d'ours et deux dérochages lui étaient attribués dont un sur la bonne foi de l'éleveur qui avait vu un plantigrade la veille. Avec le loup, l'année 2005 se soldait par 3.665 brebis indemnisées, suite à des attaques classées «
grands canidés
».
Dans le même temps, ce sont 100 à 200.000 brebis qui sont tuées par des chiens errants ou l'orage en France. Les chiffres parlent d'eux-mêmes.
Alors que
90% des attaques ont eu lieu sur des troupeaux sans surveillance
, c'est le mode d'élevage français qui semble être en cause. Ce qui explique la virulence des éleveurs, dont les bêtes sont souvent laissées sans surveillance en estive. C'est ce qui explique aussi la position moins tranchée des bergers qui voient peut-être dans la présence de grands prédateurs une justification supplémentaire à leur emploi.
A la différence du loup, l'ours peut représenter un danger pour l'homme. Encore faut-il qu'il le rencontre, ce que seuls quelques spécialistes réussissent. Mais la présence d'ours près d'habitations est un problème à poser, et c'est plutôt sur cette question que devraient porter les efforts. En effet, la réintroduction de l'ours devrait être accompagnée de mesures de préservation du milieu et de limitation de la présence de l'homme sur des espaces dédiés à la faune. Mais les éleveurs et les élus locaux accepteront-ils de céder la place et de rendre la montagne à son plus illustre habitant ?
Il est à craindre que non, et ceci avec la même conviction qu'ils mettrons à défendre le lion, le tigre, l'éléphant ou le rhinocéros, dans ces pays lointains qui eux, n'ont pas encore exterminé leur faune sauvage.
Olivier FRIGOUT, Sciences et nature, pour Fréquence Terre.
olivier
, pour la Rédaction.
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Toutes vos réactions :
Michelle
a écrit : Si on continue comme ça, les moineaux aussi deviennent des animaux en voie de disparition..... La prochaine étape: disparition des humains?
Wojciechowski
a écrit : Copie suite à l'article paru dans AVES.fr jeudi 16 mars 2006 Que l’on soit pour ou contre, la réintroduction future des ours provoque des réactions. Chacun va y trouver son compte en défendant le mieux qu’il peut sa philosophie. Alors moi aussi j’ai un coup de gueule, dans le Béarn et décidé ce soir à manifester, pour la cause de la faune sauvage et la mienne. Pourquoi cette réaction ? Lorsque Olivier Frigout parle de bilan, j’ose espérer qu’un jour les Pyrénées ne s’arrêteront plus à Lourdes. Lorsque l’on parle de bilan pour l’année, il serait normal de considérer que la chaîne des Pyrénées ne s’arrête pas là où la DIREN Midi-Pyrénées déploie ses agents. On a le droit d’être en désaccord avec la politique de l’IPHB, gouverneur de 3 vallées. Les éleveurs de cette zone (Pyrénées Atlantiques) ne peuvent compter que sur eux-mêmes et il serait bon aussi de ne pas les oublier. Des ours, il en reste encore et certains éleveurs doivent faire face à leur présence. Et c’est à partir de ce simple état de fait (que les Pyrénées soient si divisées) que j’ai démarré mon coup de gueule, mes excuses à Olivier que j’apprécie par son intervention. C’est bien de dire que les chiens attaquent les brebis et relativiser l’argent dépensé pour les indemnisations. J’aimerais connaître le montant réel des indemnisations dues à la présence certifiée des prédateurs, celui versé au bénéfice du doute. Et j’ose espérer que les dégâts de chiens de bergers sont pris en compte en tant que tel. Tout le monde peut commettre une erreur, il est inutile de chercher des ours et des loups en pareils cas. Bien que, on trouve toujours une crotte où il faut... En Béarn, on indemnise aussi des brebis qui se font croquer parce que les bergers ne font pas de regroupement alors qu’ils ont à disposition un, voir plusieurs, parcs électrifiés. Expliquez-moi aussi pourquoi, sur certaines estives, on enferme les brebis taries dans des parcs financés alors que les laitières sont à 50 m dans des parcs hétéroclites et non protégés. L’ours les préfère grasses ? Autre interrogation : rien à voir avec l’ours ou le loup. Combien coûtent les dégâts commis par les sangliers et les cervidés réunis ? On n’en parle pas : ils ne mangent pas de viande. En tant que professionnel en montage de parcs (de protection de nuit, de clôtures, d’effarouchements...), je suis confronté à l’opposition des bergers ou éleveurs quant à la mise en place d’équipements perçus en faveur de l’ours. Pour que le bilan des mesures d’accompagnement soit positif, il faut que l’homme ayant en charge le troupeau intègre le système, l’accepte et sache l’utiliser. De plus, ce que l’on demande, c’est 100 % de réussite : pas de panne, pas d’entretien, que tout soit pour le meilleur des mondes. Les techniques de clôtures (c’est mon domaine) que nous avons mises en place depuis 1997 ont su évoluer en fonction des remarques des utilisateurs. En adaptant les techniques, en modifiant des implantations, en reconsidérant ce qui paraissait être un acquis, nous sommes arrivés avec l’aide des usagers et des financiers à n’avoir jamais d’intrusion et à avoir trouvé une entente entre les diverses parties. Aussi, je souris lorsque je lis dans le rapport des Techniciens Midi Pyrénées qu’ils vont adapter des clôtures et même faire des parcs en dur pour la haute montagne. Je reste profondément désolé du manque d’échanges et agacé de voir qu’un ours essaie de gratter le sol pour passer une clôture ruban (connaissez-vous la conductivité du fil ruban ?), désolé de rencontrer des erreurs de montage sur les clôtures sur le site même de la DIREN, concernant le plan de restauration. Alors oui, c’est la réalité : chacun fait sa sauce et ses expériences. Dans les Alpes, on vient d’utiliser des effarouchements lumineux, cela fait plus de 10 années que nous les utilisons. Je reçois chez moi des agents de la diren, je leur montre des parcs en live avec force de commentaires pour ne découvrir dans le site de référence qu’un brouillon, pâle copie de ce que devrait être un parc de protection. Des fabricants distributeurs viennent me solliciter afin d’augmenter le nombre de fils de mes parcs, ce serait plus commercial. Au même titre que les écolos vendent du tee-shirt et que les politiques sont en recherche d’électeurs. Mais qui se préoccupe sur le terrain, de techniques nouvelles en adaptation avec l’utilisateur et en respect avec l’environnement. Lorsque je parle de flashs utilisés avec efficacité, de clôtures nouvelles, de systèmes innovants de détection, bon nombre d’acteurs me rétorquent que ces techniques ne peuvent avoir court chez eux, parce que les bêtes, la météo, la montagne, c’est différent. Alors c’est super de dire que des italiens, des espagnols vivent et acceptent de vivre avec l’ours ou le loup, ils ont peut-être subi le principe d’évolution. L’éleveur maîtrise le système de la clôture électrique ? Et bien je dis NON, de par mon expérience et je pense qu’il serait profitable de négocier une enveloppe au même titre qu’il est dépensé de l’argent pour le suivi et la formation des chiens. Ce budget doit être alloué afin de former des techniciens à poser correctement un parc, à savoir choisir le matériel adéquat, à savoir construire ou lire un cahier des charges et savoir analyser les dysfonctionnements et les bienfaits d’un équipement pour telle ou telle estive, pour telle race de brebis, pour telle densité de troupeau etc afin de ne plus confondre la CONTENTION avec la PROTECTION.... Expérience : en recherchant à partir de GOOGLE, PROTECTION des TROUPEAUX, combien de sites parlent des équipements électrifiés ou autres effarouchements ? Lancer ensuite PROTECTING LIVESTOCK, nous avons du travail à faire. A noter que le Département de l’Environnement de NAVARRE en Espagne a opté pour la formation de ses agents sur le terrain puis par la mise en place en second lieu de parcs. Le berger a un accès par la route, pas de chiens. Il fait l’effort de rentrer ses bêtes le soir et de les lâcher le matin. Bilan : meilleur suivi sanitaire, tranquillité de revoir ses bêtes au matin, nuit sereine, meilleure gestion de l’estive (il y a encore des progrès à faire). Par contre, PAS d’INDEMNISATION si les brebis victimes d’une attaque sont en dehors du périmètre de protection mis en place pour la nuit. Les clôtures faites en Navarre, la formation sur l’installation du parc sont mes dernières expériences que je considère comme riches : par le dialogue, la concertation et par le fait que le berger, l’entreprise de débroussaillage, l’administration (le chef) et ses agents se soient retrouvés pour élaborer avec moi-même, entrepreneur privé et en plus français, ce que j’appelle un parc de protection : un équipement, un outil de travail aussi, une adaptation mise en place afin de réduire les conflits et rendre acceptable la présence de l’ours. Robert WOJCIECHOWSKI Clôtures - Applications sur l’Environnement 16, rue du Binet 64400 AGNOS tél. : 05 59 39 49 41
Jean Douthe
a écrit : Je suis tout a fait d'accord pour la réintroduction des fauves dans les pyrénées si dans le même temps, on lâche aussi ce genre de fauves dans les rues de Paris, rue de Rivoli, place de la Concorde, à La Défense, à Montmartre, et surtout non loin du 55 - 57, rue du Faubourg Saint-Honoré... Il ne faut pas oublier qu'il y a pas si longtemps que ça, il y avait là des sangliers, des loups, et autres peluches animées version originale aux abords de Lutèce. Il faut revenir à plus d'écologie. Les élites et autres prétendus intelectuels du pays ont droit aussi à profiter des avantages de la nature et à participer à la mise en place de leurs idées lumineuses. Jean Douthe
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