Soigneusement dissimulés au cœur des algues, les hippocampes demeurent bien souvent invisibles à nos yeux. Il faut en effet une certaine habitude pour débusquer ces fascinants animaux passés maîtres dans l'art du camouflage. Peut-être aurez vous quand même l'occasion de croiser un des ces étonnants poissons lors d'une plongée estivale, car ceux-ci peuplent la quasi-totalité des mers et océans du globe. Si vous avez cette chance, nul doute que vous observerez avec attention ce curieux petit animal. |
En le voyant, difficile de croire qu'il s'agit d'un poisson. Pourtant, l'hippocampe fait bien partie de cet ordre, au même titre que les requins, raies ou autres dorades. Respirant à l'aide de branchies, munis de toutes petites nageoires, situées dans le dos et à l'arrière de la tête, les hippocampes sont des poissons, aucun doute à avoir. Les points communs s'arrêtent néanmoins ici, ces créatures possédant diverses particularités qui en font un ordre à part dans les milieux océaniques. Ce qui se remarque immédiatement, c'est bien sûr leur morphologie étonnante. Revêtus de ce qui ressemble à une carapace, mais qui est en fait un ensemble d'anneaux osseux, les hippocampes arborent une tête qui ressemble étrangement à celle d'un cheval, ce qui a leur d'ailleurs valu l'appellation de chevaux des mers. La ressemblance avec le monde des équidés se limite à ça, car on a encore jamais vu un cheval s'accrocher à une algue avec sa queue, en attendant de pouvoir attraper les petites créatures dont les hippocampes, eux, raffolent. Difficile également de seller et monter une créature dont les tailles vont de 2 à 35 centimètres, selon les espèces. Les chevaux ne sont pas non plus réputés pour leurs capacités de camouflage, au contraire de leurs homonymes aquatiques, experts dans cet art complexe. Certaines espèces, comme l'hippocampe feuillu d'Australie (ci-dessus) ont même développé des excroissances naturelles extraordinaires qui les rendent invisibles au sein des algues qu'ils colonisent. Mais le plus incroyable dans le monde des hippocampes, c'est bien leur mode de reproduction. |

Au sein d'un couple uni et souvent fidèle pendant plusieurs années, les mâles ont la particularité de prendre en charge la gestation des embryons et d'accoucher lorsque ceux-ci sont arrivés à terme. Lors de l'accouplement, c'est la femelle qui introduit ses œufs dans la poche ventrale de son conjoint, celui-ci étant donc littéralement enceinte. Quelques semaines plus tard, des contractions permettront à celui-ci de donner naissance à de nombreux bébés entièrement formés. En règle générale, le mâle accouche de 100 à 200 petits hippocampes, certaines espèces étant plus fécondes que d'autres. Il faudra bien cela pour assurer la survie d'une espèce malheureusement menacée par les activités humaines. Sachant cela, de grâce, n'achetez donc pas ces petits hippocampes séchés, d'un goût pour le moins douteux douteux et que l'on retrouve fréquemment là où les touristes des plages ont tendance à migrer en grand nombre en ces mois d'été. Ce commerce morbide ne fait aucun bien aux hippocampes, même si leur plus grand ennemi reste la pharmacopée asiatique très friande de ce poisson. On estime que 20 millions d'hippocampes sont pêchés chaque année, la très grande majorité d'entre eux terminant leur vie dans ces produits pharmaceutiques. Un massacre à grande échelle qui risque, à terme, de faire disparaître une des plus fantastiques créatures marines. vincent, pour la Rédaction. |