La Méditerranée est en danger ! C'est le cri d'alarme que vient de lancer la Communauté Européenne qui s'inquiète de la dégradation continue de notre « Grande Bleue » dont le formidable écosystème reste fragile. Plus que les océans, qui bénéficient d'un brassage perpétuel de leurs eaux, les mers enclavées, telle la Baltique ou la Méditerranée, sont plus sensibles aux attaques écologiques. La pollution et le bétonnage intensif sont ainsi les principaux responsables de leur relatif mauvais état.
La Méditerranée souffre comme d'autres des effets nocifs des rejets de l'industrie, des transports maritimes ou encore des déchets ménagers. La destruction de forets et des écosystèmes côtiers au profit de grands ensembles immobiliers sont aussi responsables de ces dégradations. Selon la Commission Européenne,
si rien n'est fait pour inverser la tendance, dans 20 ans, la moitié du littoral méditerranéen sera bétonné. Avec toutes les conséquences induites sur l'équilibre des fonds sous-marins, et sur la santé des 143 millions d'habitants vivant autour. Les effets économiques sur l'ensemble des pays côtiers seront désastreux… Tous les métiers de la mer, comme la pêche, ou encore le tourisme pourraient pâtir gravement de cette évolution.
COOPERER POUR PRESERVER NOTRE AVENIR
L'Union Européenne souhaite donc mettre en place une coopération de tous les Etats concernés. Car si les pays du nord de la Méditerranée ont les ressources financières nécessaires au nettoyage de leurs côtes, ou aux traitement des eaux usées, les pays d'Afrique du Nord n'ont eux pas les reins assez solides pour investir dans un ambitieux programme environnemental. Le coût de l'épuration par exemple serait de 5,1 milliards d'euros par an pour un pays comme l'Egypte, soit 3% de son PIB. Un chiffre comparable à ce qu'il serait en Algérie ou au Maroc. Un montant trop important pour ces pays pour qui le développement économique prend naturellement le pas sur la protection de l'environnement, même si le tourisme et la pêche sont essentiels dans ce développement.
C'est donc pour palier ce type de carence que Bruxelles va tenter de mettre au point un plan de sauvetage de la Méditerranée baptisé « Horizon 2020 » qui sera soumis aux ministres de l'environnement des 22 pays côtiers le 20 novembre prochain. Ce plan porte sur des projets concrets de coopération et de financements internationaux qui mettront l'accent dans un premier temps sur la réduction des émissions industrielles et des déchets municipaux, ainsi que sur le traitement des eaux usées. Aides financières, mais aussi renforcement du dialogue entre le Nord et le Sud pour une meilleure coordination des actions et un partage des expériences… Car le combat écologique ne vaut que s'il se fait conjointement avec nos voisins… Les pollutions marines comme les pollutions atmosphériques ne s'arrêtent pas aux frontières.
Œuvrer ensemble pour un avenir commun, c'est donc le leitmotiv de la Commission Européenne pour qui l'inaction n'est pas une solution. « Si nous échouons, affirme-t-elle, c'est la Méditerranée toute entière qui risque d'être irrémédiablement endommagée, et l'avenir des populations riveraines gravement menacé ».
Plus de détails sur Actu environnement
Philippe BOURY, pour la Rédaction.