Eurolines sncf nouvelles dessertes marché français bus cars transport Thierry Mariani Antoine Michon Michel Dubromel

« Chronique Précédente TOUTES LES CHRONIQUES de MOBILITE DURABLE Chronique Suivante »

Les bus Eurolines débarquent sur le marché français

MOBILITE DURABLE
Chronique du 17-09-2011

Par Jean-Brice SENEGAS
PODCAST / RSS / RESEAUX MOBILITE DURABLE
Télécharger PODCAST Itunes MOBILITE DURABLE PODCAST MOBILITE DURABLE XML RSS MOBILITE DURABLE Utilisez le MirPod Cette chronique dans un player sur votre site

LA CHRONIQUE

La compagnie de transport Eurolines arrive dans le marché national. Elle vient de lancer sa nouvelle offre avec beaucoup d'agressivité, gros plan média à la clé, en proposant des Paris-Bordeaux à 41 euros, des Paris-Lyon à 34 euros ou des Paris-Angers à 17 euros.
Les bus circulaient déjà en France, mais sur des trajets internationaux. Le cabotage leur était interdit. Par exemple, il n'était pas possible pour un autocar Paris-Lisbonne de prendre des voyageurs à Poitiers pour qu'ils s'arrêtent ensuite à Bordeaux, c'est cela le cabotage. Maintenant c'est possible, et ça change beaucoup de choses, car Eurolines vient concurrencer directement la SNCF sur sa branche grandes lignes et certaines liaisons TER.

A l'heure où le transport ferroviaire atteint des tarifs exorbitants, cet opérateur vient donc semer la zizanie au beau milieu du monopole commercial de la SNCF.
Car sur un Paris Angers donné à variant entre 26 et 50 euros chez SNCF, on est à 17 euros en permanence chez Eurolines. Bien sûr en TGV, vous en aurez pour 1h30, quand le bus vous amènera à destination en 4h45.
Si cela force les tarifs du train à baisser, tant mieux.
Mais quand on pense à la mobilité durable, on n'est pas satisfait. Certes, il est positif que les gens puissent se déplacer en bus plutôt que de prendre leur voiture, mais il est dommage que les bus soient mis en route pour concurrencer le rail.
Le citoyen qui se préoccupe d'environnement n'y trouve pas son compte : pourquoi l'Etat a-t-il autorisé des bus à sillonner la France alors qu'il était censé donner la priorité au train, beaucoup moins polluant que le bus ?
France nature environnement avait participé à l'élaboration du Grenelle de l'environnement. L'un de ses membres, Michel Dubromel, en charge des questions de transport critique ce revirement gouvernemental. Dubromel affirme que les cars vont faire doublon avec les trains, notamment Corail et Intercités. Il explique dans les colonnes du Monde qu'il y a une confusion totale du message politique. « Depuis six mois, dit il, l'Etat s'est engagé à investir dans ces 'trains d'équilibre du territoire', les Corail et trains Intercités, avec nos impôts. Alors que de l'autre côté, il favorise la concurrence routière, en faisant une fleur à une compagnie privée, [Eurolines]." Il y a un manque de cohérence en effet. Et l'argument brandi par certains élus
Selon lequel les cars d'Eurolines viendront désenclaver certaines parties du territoire ne tient pas. La majorité des dessertes proposées par le transporteur existent et sont proposées par le train.

Le directeur général d'Eurolines France Antoine Michon a annoncé clairement la couleur, il vise 50 000 voyageurs dès cette première année d'exploitation.
Son argument de vente majeur consiste en une flexibilité de l'offre commerciale et du confort de ces autocars.
Pour atteindre cet objectif, il n'y aura pas de véhicules supplémentaires mis en circulation, mais plutôt un remplissage plus complet du matériel déjà exploité, car 30 pour cent de la capacité ne serait pas utilisé aujourd'hui.

Le ministre des transports Thierry Mariani a voulu couper court aux attaques selon lesquelles il acceptait qu'Eurolines concurrence la SNCF sur le terrain des trains grandes lignes et de certaines liaisons TER. Il a ainsi expliqué que des limitations avaient été définies pour le transport de passagers en cabotage. Il faudra que sur le total du nombre de passagers prenant les autocars Eurolines en liaison internationale, seul la moitié puisse le faire en cabotage, c'est-à-dire sur des trajets purement nationaux.

Il n'empêche, une petite révolution est en route sur les transports de passagers en France, et elle devrait continuer de plus belle, puisque la question de faire du transport domestique par bus, c'est à dire des liaisons entre deux villes, est sur la table du ministre. Car on imagine que lorsque les cars Eurolines seront remplis, d'autres vont être mis en route, favorisant les émissions de gaz à effet de serre.

                Jean-Brice SENEGAS, pour la Rédaction.



Participez à l'info sur Fréquence Terre en donnant votre avis sur cette chronique.

Ajoutez votre commentaire Un pseudo, nom, prénom... :

Votre commentaire :
Je confirme ces données.

I'm a Stupid Spam-Robot


Toutes vos réactions :

Amarabay a écrit le 26-09-2011 : Comtons 1 Bus pour env. 40 personnes qui auraient pu pendre la voiture pour se déplacer car moins cher que le train. Les voitures individuelles qui resteront au garage ne contrebalancent-elle pas les émissions du bus (même supplémentaire). De plus, les voyageurs arrivant dans la nouvelle ville sans voiture vont plus vraissemblablement prendre les transports publiques que ceux arrivés avec leur voiture. Donc, à mon humble avis, l'un dans l'autre, les émissions de gaz devraient rester les mêmes. Du point de vue écologique, ce n'est peut-être pas satisfaisant, (statut quo) mais du point de vue utilisateur, c'est une véritable alternative / amélioration.


« Chronique Précédente TOUTES LES CHRONIQUES de MOBILITE DURABLE Chronique Suivante »

Ils diffusent FREQUENCE TERRE sur le Web
Futura Environnement Créer une Webradio produits écologiques Ecouter la radio
Effets de Terre Maison Eco Location vacances Magazine Ecologie
Tchache Féminin Bio Goji Mademoiselle Biotupp
Une Eau Pure Contenu Radio Gratuit Annuaire RSS Radio
Magasin Bio
© FrequenceTerre Tous droits réservés - CONTACT - WEBMASTERS : Raphaël HUE et Olivier FRIGOUT - SIRET : 448 741 967 00013
Les images appartiennent à leurs auteurs respectifs